Le commerce extérieur japonais reste enfoncé en plein déficit

L’atonie des exportations n’a pas permis de compenser la légère reprise des importations après leur chute occasionnée par la hausse de la TVA en avril
Patrick Aussannaire

Le commerce extérieur japonais est à la peine, malgré les efforts sans précédents de la BoJ pour affaiblir le yen. Le déficit extérieur nippon est resté presque stable au mois de juillet à -1.024 milliards de yens, alors que le consensus tablait sur un recul à -761 milliards. En dépit d’un rebond de 2,1% sur un mois en termes réels, les exportations sont demeurées atones et affichent toujours un recul de 2% sur trois mois, du fait notamment de la stagnation du commerce mondial et de la délocalisation des capacités de production, notamment en Asie.

Sur un an, les exportations n’ont ainsi progressé qu’à un rythme modéré de 2,9%, malgré un affaiblissement du yen de 6,2% contre dollar et de 5,1% contre euro. A court terme, le yen a certes profité du renforcement du dollar, sur fond de perspective de remontée des taux américains par la Fed en début d’année prochaine, en s’affaiblissant de 2,1% depuis mi-juillet contre le billet vert. Il a en revanche pâti des mesures d’assouplissement exceptionnelles prises en juin par la BCE, en se renforçant de 4,2% contre la monnaie unique depuis avril.

Une tendance qui pourrait perdurer si la BoJ continue de maintenir le statu quo face à la divergence des politiques monétaires aux Etats-Unis et en zone euro. BNP Paribas anticipe ainsi une nouvelle dépréciation du yen de 4% contre dollar, mais une hausse de 5% contre euro. Dans un contexte d’accélération de la reprise anticipée aux Etats-Unis et de poursuite de l’atonie de l’activité en zone euro, CA CIB estime que «la reprise des exportations vers les Etats-Unis sera une clé» pour permettre au Japon de réduire son déficit extérieur.

D’autant que les importations se reprennent progressivement après avoir fortement corrigé de 9,8% au mois d’avril suite à la hausse de la TVA qui a pesé sur les dépenses de consommation des ménages, à l’origine de la contraction du PIB nippon de 1,7% au deuxième trimestre. Si les importations ont chuté de 1,3% sur un mois en juillet en termes réels, la tendance sur trois mois s’est améliorée à -4,9%, après 7,1% en juin.

«La BoJ se montre toujours optimiste quant à l’évolution de l’activité après la hausse de TVA, mais la stabilité de la demande intérieure empêche une chute des importations qui permettrait de réduire le déficit», explique Citigroup. Dans ce contexte, le consensus table sur un nouvel assouplissement de la BoJ pour soutenir l’activité sur laquelle pèse un risque croissant de fort ralentissement.

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