Le commerce extérieur allemand établit un nouveau record malgré l’euro fort
La France a elle aussi produit des chiffres meilleurs qu’attendu. Mais elle reste déficitaire et certains évoquent une situation très fragile
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Alexandre Boksenbaum
Le syndrome de Janus continue de s’appliquer aux balances commerciales française et allemande. Outre-Rhin, les exportations ont atteint leur plus haut niveau en janvier, soutenues par une forte demande en dehors de l’Europe. Par rapport à la fin de l’année dernière, elles ont progressé de 3,8 % (85,3 milliards d’euros) alors que les économistes tablaient sur +1 %. La compétitivité des entreprises allemandes semble ne pas avoir trop souffert d’un euro fort par rapport au dollar. Celles-ci ont cherché à se développer sur les marchés porteurs comme la Chine ou la Russie afin de compenser le ralentissement américain. Ainsi l’Allemagne est-elle parvenue à améliorer de 8,9 % ses ventes en Chine en 2007, et de 21 % en Russie, pendant que ses exportations reculaient de 5,9 % aux Etats-Unis. La bonne tenue des exportations s’est traduite par une nouvelle progression de l’excédent commercial qui a atteint 16,1 milliards d’euros en janvier.
Cette situation de l’Allemagne étonne les spécialistes. Dominic White, économiste chez ABN Amro, se dit «un peu surpris» par ces chiffres, qui montrent que «les exportateurs restent compétitifs, même avec des taux de change au plus haut». Stefan Bielmeier qui suit l’économie allemande pour Deutsche Bank souligne une économie «plus résistante que ce que les gens pensaient». Toutefois, certains, comme Matthias Rubisch de Commerzbank, estiment que cela ne durera pas. «Compte tenu de l’environnement actuel avec une demande mondiale plus faible et un euro fort, il est certain que la croissance des exportations va ralentir dans les mois à venir», indique l’analyste.
Côté français, si le déficit commercial de 3,391 milliards d’euros en janvier est meilleur que prévu (le consensus attendait 4 milliards), le parallèle avec l’Allemagne reste cruel, comme le soulignent les experts. Marc Touati, chez Global Equities, évoque une situation encore «très fragile sans pour autant être catastrophique, du moins pour l’instant», avertissant sur les effets de «la nouvelle flambée de l’euro (et) le ralentissement de la croissance mondiale et européenne». Bruno Cavalier, d’Oddo, de son côté, n’envisage pas «de voir les exportations gagner beaucoup de terrain» avec un euro «fort». Mais la remarque la plus dure vient de Merrill Lynch, dont l’analyste Guillaume Menuet estime que «le déficit commercial continue d'être mauvais avec une exposition aux mauvais marchés avec de mauvais produits».
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