Le climat des affaires au Royaume-Uni au plus bas depuis deux ans

Contrairement au secteur manufacturier, la composante des services accuse pour les trois mois à venir un recul particulièrement sensible
Yves-Marc Le Réour

Quatrième mois de baisse d’affilée pour l’indice du climat des affaires outre-Manche. L’enquête publiée lundi par le cabinet d’audit BDO Stoy Hayward, qui analyse le degré de confiance prospective à trois mois des chefs d’entreprise au Royaume-Uni, compile les résultats de sondages effectués auprès de 11.000 responsables employant 5 millions d’actifs, d’où une bonne représentativité des conclusions qui s’en dégagent. A 100,1 en décembre contre 100,4 le mois précédent, l’indice, au plus bas depuis janvier 2006, a pâti des turbulences découlant de la crise des crédits hypothécaires américains. Il traduit la faiblesse des ventes de détail britanniques, la flambée des cours du pétrole et le fort ralentissement du marché de l’immobilier domestique. Ce chiffre confirme la tendance baissière visible depuis l’été 2007 sur le niveau de croissance attendue de l’activité au Royaume-Uni.

Le repli de l’indice global est dû à un pessimisme accru sur l’évolution du secteur des services, avec un indice passé de 100,6 en novembre à 99,5 le mois dernier, le seuil de 100 n’ayant pas été franchi à la baisse depuis octobre 2005. Cela indique que les entreprises de ce secteur anticipent sur le trimestre à venir une progression de leur activité inférieure au potentiel de croissance de l’économie britannique, compris entre 2,5 % et 2,75 %. Dans le secteur manufacturier en revanche, l’indice est remonté de 99,9 à 102,4 d’un mois sur l’autre, « ce qui signifie peut-être que les entreprises britanniques espèrent que les taux d’intérêt moins élevés compenseront la hausse récente de la livre sterling », précise le rapport.

« Etant donné le repli important constaté dans la confiance des entreprises dans les services, nous pensons que plusieurs baisses des taux directeurs seraient nécessaires durant le premier trimestre 2008 », commente Peter Hemington, partner chez BDO Stoy Hayward. « Bien que les perspectives d’inflation restent élevées, la hausse des prix va sans doute s’estomper en cours d’année, donnant ainsi à la Banque d’Angleterre une marge de manœuvre suffisante pour soutenir l’économie en assouplissant sa politique monétaire. Le Conseil de politique monétaire de l’institut d’émission britannique voudra sans doute mesurer le climat de confiance des consommateurs durant la période importante des ventes de janvier avant de baisser les taux en février », conclut-il.

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