Le CIC poursuit son sage développement sans éviter certains écueils

Le groupe a concédé une dépréciation de 180 millions d’euros sur son portefeuille de titrisations outre-Atlantique
Benoit Menou

Sobrement, le CIC a conservé le cap l’an dernier. Au premier abord, le produit net bancaire (PNB) a pourtant connu un repli de 3,7 %, pour s’élever à 4,2 milliards d’euros. La comptabilisation conforme aux normes IFRS des intérêts détenus en obligations convertibles auprès de la Banque Populaire de Milan a correspondu à un impact négatif de 260 millions d’euros sur l’évolution de cet indicateur.

En banque de détail, le PNB de la filiale du Crédit Mutuel a progressé de 3,7 % à 2,9 milliards, et le dynamisme commercial a plus que compensé la dégradation de la marge d’intérêt. Ainsi, le nombre de clients a augmenté de 4,9 % l’an dernier, le seuil des 4 millions ayant été franchi en janvier 2008. Quant au dossier de la reprise du réseau hexagonal de HSBC, le président du directoire Michel Lucas confie n’être «demandeur de rien».

Aux côtés d’une banque de financement dont le PNB a crû de 27,2 % (327 millions), le compte de résultat de l’activité de marché a en premier lieu pâti de la valorisation du portefeuille de titres sécurisés RMBS* et ABS* aux Etats-Unis, d’un montant de 3,9 milliards d’euros (5,7 milliards de dollars), à 91 % notés AAA et dont l’exposition aux crédits subprime atteint 142 millions fin 2007. Sa valorisation au prix de marché a toutefois amené la banque à enregistrer un PNB correspondant négatif à hauteur de 180 millions d’euros, contre un gain de 20 millions observé en 2006. Le CIC souligne qu’il n’est «pas engagé sur les montages de type CDO*, SIV* ou ABCP*». Dès lors, les autres segments enregistrant une relative stabilité de leur activité, le PNB de la banque de marché accuse une baisse annuelle de 54,6 % (192 millions d’euros).

En banque privée, le PNB a engrangé un gain de 12,3 % (449 millions), tandis qu’enfin, celui du capital-développement s’arrogeait un bond de 40,1 %, pour s’élever à 381 millions. Au regard d’une hausse de 2,6 % des frais généraux (2,68 milliards), le résultat brut d’exploitation a baissé de 13,2 % (1,5 milliard) et le résultat net a enregistré un repli de 9,7 %, à 1,2 milliard d’euros.

Ainsi, le coût du risque est demeuré, aux yeux des dirigeants, à un niveau très maîtrisé, son augmentation de 50 % à 120 millions d’euros le portant à 0,11 % des encours de crédits. La rentabilité des capitaux propres 2007 (ROE) a atteint 15,6 % et le ratio de solvabilité Tier one s’élève à 8,2 % à fin 2007.

* RMBS : residential mortgage backed security ; ABS : asset backed security ; CDO : collateralized bebt obligation ; SIV : structured investment vehicle ; ABCP : asset backed commercial paper

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