Le changement de ton du gouvernement grec rassure les marchés
Le gouvernement grec a rassuré les marchés hier en affirmant qu’il ne demanderait pas de nouvel effacement de la dette grecque et en proposant notamment d’échanger une partie des financements existants contre des obligations indexées sur la croissance. Hier après-midi, les rendements grecs à 10 ans se détendaient de quelque 140 points de base à près de 9,2% et la Bourse d’Athènes rebondissait de plus de 11%.
Dans un entretien au Financial Times, le ministre des finances grec, Yanis Varoufakis, a expliqué qu’il s’engageait à mener des réformes et à maintenir un excédent primaire. L’économiste a proposé de remplacer les titres de dette grecque détenus par la Banque centrale européenne (BCE) par des «obligations perpétuelles» et de troquer les prêts européens contre des obligations indexées sur la croissance économique.
«On a le sentiment qu’il y a une volonté de discuter, aussi bien du point de vue des créanciers officiels que de celui de la Grèce», commente François Cabau, économiste chez Barclays. Mais de nuancer aussitôt: «Les risques restent élevés ». Le gouvernement grec a fait savoir la semaine dernière qu’il ne voulait pas coopérer avec la Troïka et qu’il n’accepterait pas une extension du «programme» de cette dernière qui se termine le 28 février.
Selon la recherche de RBS, remplacer les obligations de la BCE par des obligations perpétuelles «ferait disparaître le risque de crise qui pourrait surgir en juillet ou août lorsqu’une partie des obligations arrivera à maturité». Par ailleurs, remplacer une partie des sources de financement actuelles par des obligations indexées sur la croissance «limiterait la pro-cyclicité de la politique budgétaire et réduirait le risque que l’austérité soit contre-productive en pesant sur l’économie».
Les obligations indexées sur le PIB font l’objet d’études par les universitaires depuis des années. L’Argentine en a émis au début des années 2000 et la Grèce a proposé des titres indexés sur la croissance dans le cadre de son plan de restructuration de 2012. L’économiste d’Oddo, Bruno Cavalier, relativise cependant leur intérêt dans le cas grec: «Compte tenu des moratoires existants, la charge d’intérêt est faible en Grèce. Il y a peu à gagner de ce côté-là. Quant au problème du stock, il n’est pas résolu si le swap dette/dette indexée n’aboutit pas à allonger l’échéancier».
La dette grecque, aujourd’hui principalement détenue par des créanciers publics, représente quelque 175% de son PIB.
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