Le cash, seul moyen de paiement des rares fusions-acquisitions
Au premier trimestre 2007, les deals payés en titres avaient fortement grimpé jusqu’à représenter plus de 25 % du volume total des fusions-acquisitions (F&A). Une envolée dans laquelle des gérants n’avaient pas manqué de déceler une « arrivée en fin de cycle », confortés par l’exemple de 2000 où la proportion avait également dépassé les 25 %.
Avec la crise, la situation a bien changé. Dans les quelques deals menés depuis le début de l’année, la monnaie papier n’est plus privilégiée. Selon des données compilées pour L’Agefi par Dealogic, moins de 9 milliards de dollars d’opérations sur un total de 133,8 milliards ont cette année été réglés en titres. Soit une proportion d’à peine plus de 6,7 %. Si ce chiffre mérite d’être nuancé puisqu’il ne concerne qu’une période de 24 jours, il faut toutefois reconnaître sa faiblesse. L’historique montre que même 2004, qui avait marqué un point bas dans ce domaine, avait fait mieux avec 7,8 %.
Avec des marchés qui ont déjà perdu de 7 % à 15 % en 2008, on peut en tout cas comprendre que les acquéreurs soient peu enclins à payer des acquisitions avec une monnaie qui s’est dévalorisée. Les cibles peuvent aussi se montrer réticentes à accepter un papier dont il est aujourd’hui difficile d’estimer la valeur.
Les acquéreurs n’ont donc d’autre choix que de régler leurs transactions entièrement en cash (dans 84 % des cas). Les rachats de MySQL par Sun Microsystems et de Tenix Defence par BAE Systems, les deux principales opérations de la semaine passée en Europe (voir ci-dessous notre bilan réalisé avec Mergermarket), le confirment.
Dans le climat actuel, les groupes tentés par la croissance externe ont même intérêt à pouvoir financer les acquisitions par leurs ressources propres (ce que permet encore la bonne santé de nombreux bilans, mais limite les opérations d’envergure). Car les marchés de crédit restent très tendus comme en témoignent les indices. Et le cas HeidelbergCement prouve que les émetteurs qui décident de se présenter au marché doivent payer le prix fort.
Reste une autre solution pour les groupes qui ont besoin d’une rallonge pour financer des offres en cash : se tourner directement vers les banques. C’est ce qu’a fait Vivendi en obtenant un crédit syndiqué de 3,5 milliards d’euros. Mais avec les provisions accumulées, les banques risquent aussi de devoir resserrer la vis. Ce qui n’augure rien de bon pour les F&A.
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