Le " carry-trade " laisse sa place aux fondamentaux pour diriger le yen
Le recul du yen de 11 % face au dollar et de 8 % face à l’euro depuis fin janvier a été nourri, entre autres, par le déficit commercial record du Japon
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Tân Le Quang
Le retour de l’aversion pour le risque depuis fin janvier a pesé sur le yen, la devise affichant un recul de 11 % face au billet vert à 97,7 yens par dollar et de 8 % face à la monnaie unique à 124,4 yens par euro. Surtout, la monnaie asiatique, qui a constamment reflété ces dernières années les stratégies de carry-trade [vendre du yen pour acheter des devises à taux d’intérêt élevés, ndlr] semble désormais dirigée par les fondamentaux économiques du Japon.
« La détérioration de l’état de santé économique et de la situation politique va accélérer le sentiment négatif autour des actifs japonais », note Barclays Capital. Alors que l’impopularité du Premier ministre Taro Aso atteint des sommets dans l’Archipel et que le PIB s’est contracté de 3,3 % au dernier trimestre 2008, les craintes des investisseurs se sont exacerbées depuis la publication d’un déficit commercial record de 953 milliards de yens et du plongeon de 45,7 %, sur un an, des exportations. D’ailleurs, le Nikkeï a perdu 13 % depuis fin janvier. « Les sorties nettes de flux financiers auront probablement un impact plus fort sur le yen », précise la banque.
Aux yeux de Bank of Tokyo-Mitsubishi UFG, les positions de carry-trade constituées entre 2005 jusqu’à août 2007 sont à présent complètement dénouées.
« L’appréciation du yen conduite par le débouclage des positions restantes de carry-trade va probablement décliner », ajoute Barclays Capital. D’autant plus que les conditions de marché actuelles, marquées par le rétrécissement des différentiels des taux et une volatilité élevée, ont enlevé tout intérêt économique du carry-trade.
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