Le camp des « colombes » gagne du terrain à la Banque d’Angleterre
La perspective d’une hausse des taux au Royaume-Uni s’est encore éloignée hier avec la publication des minutes de la dernière réunion de la Banque d’Angleterre (BoE) début juin. D’ici douze mois, les marchés ne tablent plus que sur un relèvement de 20 points de base, alors que mardi dernier, ils comptaient encore sur un geste de 26 pb. L’ajustement des anticipations est vertigineux depuis avril dernier, lorsque les opérateurs anticipaient une hausse de 84 pb d’ici à douze mois. Dans ce contexte, l’euro/livre s’est redressé à 0,89.
La nouvelle composition du comité de politique monétaire de la BoE a contribué au renforcement du camp des «colombes». Le membre le plus «faucon», Andrew Sentence, qui soutenait une hausse des taux de 50 pb, a quitté le comité et a été remplacé par Ben Broadbent, qui, d’après les économistes, aurait voté le mois dernier pour un statu quo à 0,50%, comme la majorité.
La situation économique incite aussi le comité à la prudence. «L’actuelle faiblesse de la croissance de la demande pourrait durer plus longtemps que prévu. De plus, les défis budgétaires dans les pays périphériques mettent en évidence le risque de nouveaux chocs sur la demande», a conclu le comité d’après les minutes. Pour certains membres, «il est possible que d’autres achats d’actifs deviennent justifiés si les risques à la baisse qui pèsent sur l’inflation à moyen terme se matérialisent».
Aucune décision ne devrait toutefois être prise à court terme. De fait, l’inflation pourrait prochainement dépasser 5%, lit-on dans les minutes. Pour Richard Barwell, économiste chez RBS, il faudra attendre au moins jusqu’en février 2012 pour que la majorité du comité soit prête à s’engager à augmenter le programme de rachat d’actifs. Pour que cette décision soit prise, le prix des matières premières devrait chuter fortement et l’activité et les salaires devraient être faibles afin de ralentir nettement l’inflation domestique. D’après l'économiste, une décision serait prise plus tôt, en novembre, en cas de scénario noir, comme une contraction du PIB au troisième trimestre ou une crise financière mondiale liée une résolution désordonnée de la crise de la zone euro. Moins alarmiste, Simon Hayes, économiste chez Barclays Capital, estime que l'évolution de la politique monétaire dépendra surtout de la façon dont le comité juge l’influence de l’inflation élevée à court terme et celle de la faible croissance sur l’inflation à moyen terme.
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