Le CAE veut améliorer la coordination des politiques macroéconomiques en zone euro
Le Conseil d’analyse économique (CAE), le groupe d’économistes chargé de conseiller le gouvernement, préconise de rendre plus lisible et efficace la gouvernance macroéconomique dans la zone euro pour mieux prévenir et gérer les crises. Les économistes du CAE estiment que la crise prolongée qui sévit en zone euro s’explique en partie par une mauvaise analyse des interdépendances qui existent entre les Etats membres en matière de compétitivité, de déséquilibres financiers ou de gestion de la demande.
«On dit à la Grèce, il faut baisser les salaires, on dit à l’Italie il faut baisser les salaires… cela n’a pas de sens de baisser les salaires d’un pays si tous les pays baissent en même temps, ce qui compte c’est la hiérarchie des salaires», illustre l’économiste, Xavier Ragot, auteur avec Agnès Bénassy-Quéré d’une note publiée hier.
En 2011, les Européens soucieux de ne pas se concentrer seulement sur le déficit budgétaire, ont instauré une politique de surveillance des déséquilibres macroéconomiques. «Le problème c’est que cela manque de hiérarchie et que cela manque de mise en avant très très haut dans l’agenda des interdépendances européennes pour penser ce sur quoi il faut se coordonner», insiste Xavier Ragot. Ainsi, la Commission passe en revue pas moins de 40 indicateurs pour analyser les déséquilibres macroéconomiques. Elle a aussi tendance à faire des recommandations qui relèvent de la stratégie de croissance de long terme (par exemple en matière d'éducation) plutôt que de se concentrer sur les déséquilibres à court et moyen terme.
Le CAE propose donc de revoir la procédure dite du «semestre européen» qui comprend les différentes étapes de la surveillance macroéconomique dans la zone euro tout au long de l’année. Pour que l’intérêt de la zone ne soit pas perdu de vue, la première partie du «semestre» serait consacrée à l’analyse des déséquilibres macroéconomiques à ce niveau. Pour plus de clarté, l’analyse, au niveau de la zone et pays par pays, serait déclinée dans les domaines de la politique budgétaire, de la compétitivité et de la politique macroprudentielle.
La procédure de déséquilibre macroéconomique devrait être recentrée autour de l’indicateur clé qu’est la valeur du solde extérieur courant rapportée au PIB et les recommandations de la Commission devraient être centrées sur les déséquilibres à court et moyen terme. Enfin, les institutions et parlements nationaux devraient davantage être associés aux débats.
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