Le budget pour 2013 risque d’étrangler l’économie espagnole
Au lendemain de la grève générale, l’exécutif espagnol a opté pour un budget «très dur». Luis de Guindos, le ministre de l’Economie, en est sûr: cette nouvelle cure plaira à ses partenaires européens et «l’Espagne cessera d’être un problème pour l’Union européenne». Contraint de réduire le déficit public de 8,5% à 5,3%, le gouvernement espagnol a annoncé des économies de 27,3 milliards d’euros de plus via l’augmentation des impôts sur les revenus et des sociétés et une réduction de 16,9% des dépenses des ministères.
«Devant une situation critique, nous sommes obligés de répondre avec un des budgets les plus austères de la démocratie», assure Cristobal Montoro, ministre de la Fiscalité tandis que la porte-parole assurait que ces «mesures extraordinaires répondaient à une situation limite». Ce plan de rigueur s’ajoute à celui adopté en début d’année qui prévoyait déjà des économies de 15 milliards d’euros.
Outre les réductions budgétaires draconniennes, l’exécutif a annoncé la poursuite du gel des salaires des fonctionnaires ainsi que des augmentations d’impôts et d’électricité (7% de plus). L’Etat espagnol espère ainsi engranger 12,3 milliards d’euros de recettes fiscales. En revanche, la TVA ne sera pas augmentée, assure Soroya Saenz de Santamaria, ce qui est une erreur estime Lorenzo Davila , chef du département de recherche à l’Institut d’études boursières (IEB) de Madrid, qui explique que la TVA espagnole est l’une des plus basses en Europe et qu’elle permettrait de renflouer les caisses des communautés autonomes, «en grande partie responsables du déficit».
Pour lui, la stratégie de l’austérité, dictée par l’Union européenne, est une erreur. «Avec une réduction des dépenses, les recettes baissent proportionnellement, ce qui fait augmenter le déficit public. Ces mesures signifient que l’Etat espagnol est prêt à accepter des économies dans le secteur de la santé et de l’éducation puisque les communautés autonomes sont les principaux prestataires de ces services», explique l’économiste.
Avec une économie espagnole au bord de la récession, Lorenza Davila est peu optimiste quant aux résultats de ces restrictions budgétaires. Jusqu’à maintenant, les prévisions faisaient état d’un recul du PIB de 1,7%, et une destruction de 630.000 postes de travail. «Avec ces mesures, l’économie espagnole peut tomber en dessous des 2% et provoquer la destruction de plus d’un million de postes de travail», estime-t-il.
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