Le budget britannique sous le signe du ralentissement économique
Alistair Darling annonce une augmentation des emprunts publics. Pour la City, les prévisions de croissance économiques restent trop optimistes
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Baptiste Aboulian, à Londres
Pas de panique au Trésor britannique. C’est, en substance, le message qu’a énoncé, hier, Alistair Darling, chancelier de l’échiquier, lors de la présentation du budget 2008 (exercice fiscale du 1er avril 2008 au 30 mars 2009). En dépit des «risques majeurs encourus par l’économie mondiale», la croissance économique au Royaume-Uni devrait atteindre 1,75-2,25% en 2008 et 2,25-2,75% en 2009.
Comme prévu, ces prévisions ont été revues à la baisse depuis le projet de budget en octobre 2007. Mais, selon la City, ces chiffres n’en sont pas moins «optimistes». Le consensus des analystes se trouvent effectivement en deçà des estimations du gouvernement.
Conséquence directe du ralentissement de la croissance, les recettes fiscales en provenance des entreprises et de l’immobilier vont baisser. Le Trésor estime désormais que le déficit atteindra 140 milliards de livres en 2012. Pour combler le trou, Alistair Darling a annoncé une hausse des emprunts publics. S’ils sont plafonnés à 36 milliards de livres pour 2007-2008, les emprunts publics nets atteindront 43 milliards de livres l’année prochaine, soit une hausse de 38% sur l’année fiscal 2006-2007.
L’exercice n’est pas sans danger. En effet, la part de la dette dans le produit intérieur brut se trouve maintenant sur une tendance à la hausse. Selon le budget 2008, la dette atteindra 37,1% du PIB en 2007-2008 (540 milliards de livres), 38,5% en 2008-2009 et 39,4% en 2009-2010. Cela place l’endettement à la limite des 40% fixée par Gordon Brown en 1997. Se trouver obligé d’augmenter les impôts ou de briser cette règle d’investissement serait du pain béni pour l’opposition politique.
Par ailleurs, le Trésor a surpris les marchés financiers en annonçant l’émission d’emprunts d’Etat (Gilts) pour un montant record de 80 milliards de livres. Une grande partie des obligations doit financer la nationalisation de Northern Rock.
En marge des questions budgétaires, Alistair Darling a confirmé l’arrivée d’un nouveau régime fiscal pour les résidents non-domiciliés, ainsi que l’instauration d’une tranche unique à 18% pour l’impôt sur les plus-values (en dessous d’un million de livres de profits). Côté immobilier, Darling souhaite que les emprunteurs aient accès à des taux bons marchés et propose de trouver des moyens pour étaler sur des périodes longues les produits à taux fixe.
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