Le Brexit risque de peser sur la croissance britannique
La croissance a accéléré au Royaume-Uni en fin d’année
dernière. Sur l’année, elle a cependant été moins dynamique qu’en
2014 et la robustesse de l’économie pourrait être mise à mal par le référendum
sur l’appartenance du pays l’Union européenne (UE). Le PIB a augmenté de 0,5% au quatrième
trimestre contre 0,4% au cours des trois mois précédents, selon les estimations
préliminaires publiées par le bureau national des statistiques hier. Sans
surprise, ce sont les services qui ont, pour l’essentiel, tiré l’activité à la
hausse. En 2015, le PIB aura progressé de 2,2% contre 2,9% l’année précédente.
«
A court terme, la croissance économique britannique devrait rester proche mais
sous son potentiel, compte-tenu du resserrement budgétaire, de la faible
croissance mondiale, de la volatilité renforcée des marchés actions et du
gênant référendum sur l’appartenance à l’Union européenne», écrit
l’économiste d’Unicredit Daniel Vernazza. Alors que le référendum sur le «Brexit» pourrait se tenir
dès cet été «les entreprises
britanniques et étrangères pourraient se mettre en mode «attente»
en ce qui concerne l’embauche et l’investissement, tandis que la confiance et
les dépenses des ménages pourraient s’affaiblir modestement»,
écrivent les économistes d’ING. A leurs yeux, «l’incertitude que va créer le vote devrait casser l’élan de
l’économie britannique – potentiellement en réduisant d’un quart de point de pourcentage
la croissance de 2016». La Commission européenne table sur une augmentation
du PIB britannique de 2,4% en 2016 après 2,5% en 2015.
La possible sortie du Royaume-Uni de
l’UE risque d’obliger le pays à renégocier un accord de
libre-échange avec l’Europe continentale, ce qui pourrait rendre les échanges
commerciaux plus coûteux, selon les économistes de Citi. Un vote favorable au
divorce avec l’UE mettrait non seulement l’actuel gouvernement sous pression
mais relancerait aussi la question de l’appartenance de l’Ecosse au
Royaume-Uni. Compte-tenu également des potentielles fuites de capitaux, les
économistes de Citi estiment qu’un «Brexit» pourrait représenter un «risque
à la baisse violent» pour la croissance en Grande-Bretagne.
Signe que les marchés commencent à intégrer
le risque du «Brexit», la livre sterling s’est affaiblie par rapport à l’euro
depuis le début de l’année de près de 3,5%. La parité euro/livre était hier à
0,76. Dans ce contexte, les économistes s’attendent à ce que la Banque
d’Angleterre, qui se réunira jeudi prochain s’abstienne de remonter les taux.
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