Le Brésil multiplie les mesures de relance de son économie

Le nouveau plan gouvernemental de relance de 10 milliards de dollars ne suffira pas à atteindre les 4,5% de croissance cette année
Patrick Aussannaire

Le Brésil ne lésine pas sur les moyens pour soutenir son économie. Le gouvernement brésilien a annoncé hier la mise en place d’un nouveau plan de relance budgétaire de quelque 10 milliards de dollars (7,8 milliards d’euros). Le ministre des finances, Guido Mantega, a en effet indiqué ce matin que la taxe sur les petits véhicules sera réduite de 7% à zéro, alors que celles sur les gros véhicules sera également baissée, et ceci jusqu’au 31 août prochain. De son côté, la banque centrale a accepté de réduire ses exigences de réserves obligatoires sur les prêts automobiles d’environ 9 milliards de dollars de manière à accroître le volume de crédits disponibles tout en réduisant les intérêts payés par les emprunteurs.

Mais le secteur automobile n’est pas le seul bénéficiaire du plan. Le taux de la taxe IOF portant sur les emprunteurs particuliers sera réduit d’un point, à 1,5%. Enfin, la Banque nationale de développement (BNDES) a décidé de réduire les taux d’emprunt pour les acheteurs de machines et d’équipements industriels. «Il s’agit d’une initiative sans précédent qui bénéficiera à la fois aux consommateurs et aux investisseurs» a indiqué Guido Mantega. Les ventes de véhicules ont chuté de 14,2% au mois d’avril. Début avril, le gouvernement avait déjà annoncé un plan de relance qui comprenait notamment une recapitalisation de la BNDES à hauteur de 45 milliards de réaux (17 milliards d’euros) déjà destinée à relancer le crédit pour «encourager la production, les acquisitions et les exportations de bien capitalistiques et d’innovations technologiques», ainsi que des baisses d’impôts de 5,8 milliards.

Parallèlement, le real a poursuivi son affaiblissement à 2,0419 contre dollar cette nuit après être descendu vendredi dernier à son plus bas niveau depuis mai 2009. Une tendance qui a accru progressivement la compétitivité des entreprises manufacturières brésiliennes, comme s’en est réjoui Guido Mantega, à l’origine de la formule de «guerre des changes». A 8,19%, le taux monétaire à un an suggère que la banque centrale devrait poursuivre sa politique d’assouplissement monétaire. «Nous avons fixé un cap. Ce cap reste valide» a d’ailleurs indiqué dimanche son président, Alexandre Tombini, qui a déjà réduit le taux directeur de 350 points de base depuis août dernier, à 9%.

Malgré ces mesures, Guido Mantega a reconnu que «si la crise d’aggrave et que les problèmes grecs ne sont pas résolus, il nous sera certainement difficile d’atteindre les 4,5% de croissance cette année».

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