Le Brésil fait de la baisse du real sa planche de salut
Le Brésil cristallise son attention sur l’évolution de sa devise. Déjà engagé dans ce qu’il a lui-même appelé une «guerre des changes», le gouvernement brésilien a décidé hier d’étendre de trois à cinq ans la durée d’application de la taxe de 6% sur les emprunts des entreprises à l'étranger, baptisée «Impôt sur les opérations financières» (IOF). Une nouvelle extension de la taxe qui a permis de faire reculer le real cette nuit de 0,3% contre dollar à 1,7969, après qu’il a même touché 1,8328, son plus bas niveau depuis janvier. Après avoir touché son plus haut niveau le 28 févier dernier à 1,6958, le durcissement du discours et les actions concertées des autorités brésiliennes ont permis de voir le real se déprécier de 4%. Il reste néanmoins en hausse de 4% depuis le début de l’année et Jim O’Neill, le président de Goldman Sachs Asset Management, a apporté son soutien au gouvernement en estimant qu’une baisse de 20% de la devise était nécessaire pour rétablir la compétitivité de l’économie brésilienne.
Mais le retour des pressions inflationnistes risque de contrecarrer les efforts du gouvernement et des autorités monétaires pour limiter les afflux de capitaux en devises étrangères, attirés par des rendements élevés. Ce sont 15,5 milliards de dollars qui sont entrés au Brésil depuis le début de l’année, contre des sorties de capitaux de 3 milliards au dernier trimestre 2011.
L’enquête menée par la banque centrale révèle que les économistes interrogés prévoient un taux directeur à 9% d’ici la fin de l’année, alors que les marchés anticipent que ce niveau pourrait être atteint dès avril. Le taux à un an progressait de 3 points de base cette nuit à 8,68%. Cependant, l’enquête révèle que la banque centrale sera contrainte de remonter ses taux directeurs dès 2013 au-dessus des 10% pour endiguer le regain de tension sur les prix. Les économistes ont d’ailleurs revu leurs anticipations d’inflation pour 2013 de 5,2% à 5,5%, suite à la baisse du taux Selic de 75 pb à 9,75% pratiquée mercredi dernier par la banque centrale. «La détérioration actuelle des perspectives d’inflation et l’amélioration du contexte global devrait limiter l’ampleur du cycle d’assouplissement monétaire mené par la banque centrale» estime ainsi Goldman Sachs. Dans le même temps, les prévisions de croissance sont restées quasi inchangées à 3,3% cette année et 4,2% en 2013.
Plus d'articles du même thème
-
EDF se désengage des énergies renouvelables en Amérique du Nord
L’énergéticien français a conclu un accord avec KKR en vue de lui céder un portefeuille d’actifs d’une capacité nette totale de 5,6 gigawatts. -
Les cinq motifs d’inquiétude sur la bulle IA
Les valeurs technologiques ont connu une nouvelle semaine difficile, notamment les semi-conducteurs en Corée. Elles restent néanmoins à des niveaux élevés et beaucoup d’investisseurs misent toujours sur le secteur. Mais les défis s’accumulent. -
La guerre en Iran relance l’intérêt des obligations indexées sur l’inflation
Même si les obligations indexées sur l’inflation ont pu connaître des périodes décevantes, comme entre 2010 et 2019, des investisseurs les ont intégrées dans leur allocation structurelle. -
«Nous continuons de penser qu’une hausse des taux Fed est probable»
Thomas Brulat-Aulan, directeur de la gestion taux listed assets chez Sienna IM. -
«Nous sommes restés à l’écart des émissions des hyperscalers»
Alexandre Stoessel, responsable gestion obligataire chez Scor IP -
«La hausse des marchés est portée par la croissance des résultats»
Thibault Dorlet, CFA, Senior Multi-Asset Portfolio Manager chez Candriam.
ETF à la Une
BNPP AM franchit une nouvelle étape dans sa conquête des ETF actifs
- Amundi dévoile sa stratégie pour devenir un géant d'Asie
- BNPP AM franchit une nouvelle étape dans sa conquête des ETF actifs
- Mubadala Capital veut s’offrir Pierre & Vacances sous conditions très strictes
- Generali Investments renforce ses forces commerciales en France
- Léa Dunand-Chatellet prend la direction générale de Mirova
Contenu de nos partenaires
-
La Fabrique de l'OpinionPrésidentielle : les villes moyennes au cœur du récit national
Brice Soccol : « Ce n’est plus seulement l’opposition entre villes, péri-urbanité et campagnes qui structure la géographie électorale française, mais la capacité des territoires à offrir des perspectives de mobilité sociale, d’emploi et de qualité de vie » -
L'été sera chaudLe pays brûle, les candidats regardent ailleurs
Malgré l'ampleur de l'épreuve vécue par la quasi-totalité du pays, les prétendants à l'Elysée n'ont effectué que des ajustements à la marge de leur campagne. Le débat n'a pas dépassé le stade de savoir s'il fallait climatiser le pays -
Vieux démonsAprès l'accord israélo-libanais, le spectre d'une occupation israélienne sans fin du Liban
Israël et le Liban ont signé un accord historique à Washington, mais son application dépend d'un improbable désarmement du Hezbollah