Le Brésil fait de la baisse du real sa planche de salut

L’extension de la taxe sur les opérations financière à une durée de 5 ans a permis de faire reculer le real à son plus bas niveau depuis 2 mois
Patrick Aussannaire

Le Brésil cristallise son attention sur l’évolution de sa devise. Déjà engagé dans ce qu’il a lui-même appelé une «guerre des changes», le gouvernement brésilien a décidé hier d’étendre de trois à cinq ans la durée d’application de la taxe de 6% sur les emprunts des entreprises à l'étranger, baptisée «Impôt sur les opérations financières» (IOF). Une nouvelle extension de la taxe qui a permis de faire reculer le real cette nuit de 0,3% contre dollar à 1,7969, après qu’il a même touché 1,8328, son plus bas niveau depuis janvier. Après avoir touché son plus haut niveau le 28 févier dernier à 1,6958, le durcissement du discours et les actions concertées des autorités brésiliennes ont permis de voir le real se déprécier de 4%. Il reste néanmoins en hausse de 4% depuis le début de l’année et Jim O’Neill, le président de Goldman Sachs Asset Management, a apporté son soutien au gouvernement en estimant qu’une baisse de 20% de la devise était nécessaire pour rétablir la compétitivité de l’économie brésilienne.

Mais le retour des pressions inflationnistes risque de contrecarrer les efforts du gouvernement et des autorités monétaires pour limiter les afflux de capitaux en devises étrangères, attirés par des rendements élevés. Ce sont 15,5 milliards de dollars qui sont entrés au Brésil depuis le début de l’année, contre des sorties de capitaux de 3 milliards au dernier trimestre 2011.

L’enquête menée par la banque centrale révèle que les économistes interrogés prévoient un taux directeur à 9% d’ici la fin de l’année, alors que les marchés anticipent que ce niveau pourrait être atteint dès avril. Le taux à un an progressait de 3 points de base cette nuit à 8,68%. Cependant, l’enquête révèle que la banque centrale sera contrainte de remonter ses taux directeurs dès 2013 au-dessus des 10% pour endiguer le regain de tension sur les prix. Les économistes ont d’ailleurs revu leurs anticipations d’inflation pour 2013 de 5,2% à 5,5%, suite à la baisse du taux Selic de 75 pb à 9,75% pratiquée mercredi dernier par la banque centrale. «La détérioration actuelle des perspectives d’inflation et l’amélioration du contexte global devrait limiter l’ampleur du cycle d’assouplissement monétaire mené par la banque centrale» estime ainsi Goldman Sachs. Dans le même temps, les prévisions de croissance sont restées quasi inchangées à 3,3% cette année et 4,2% en 2013.

Un évènement L’AGEFI

Plus d'articles du même thème

ETF à la Une

Contenu de nos partenaires

A lire sur ...