Le Brésil doit choisir entre une forme de stabilité et les réformes

La présidente sortante Dilma Rousseff cherche à préserver les acquis. Elle devrait affronter un candidat réformiste au second tour
Antoine Duroyon

Dilma Rousseff devait virer en tête à l’issue du premier tour de scrutin présidentiel hier au Brésil, où plus de 140 millions d'électeurs étaient appelés aux urnes. Un sondage réalisé par l’institut Datafolha et publié samedi créditait la présidente sortante de 40% des intentions de vote, devant le sénateur Aecio Neves (24%) et l’ancienne ministre de l’Environnement Marina Silva (22%). Une configuration qui ne devait pas lui permettre d’espérer réunir plus de 50% des suffrages et échapper ainsi à un second tour le 26 octobre, face à l’un de ses deux principaux adversaires. Les deux candidats d’opposition, dans un effort de dernière minute pour marquer leur clivage avec Dilma Rousseff, ont promis de retourner à des politiques économiques favorables au marché.

Le Parti social-démocrate brésilien (PSDB) du candidat Neves et le Parti socialiste brésilien (PSB) de la candidate Silva «plaident en faveur d’une indépendance formelle de l’autorité monétaire, pour plus de transparence des comptes budgétaires, pour la création d’une agence indépendante en charge de surveiller les questions budgétaires, pour une moindre indexation sur l’inflation et pour un ajustement des prix administrés», énumère Manolis Davradakis, économiste chez Axa IM, dans une note publiée en amont du scrutin. Aecio Neves et Marina Silva ont également fait part de leur détermination à remettre de l’ordre dans les grandes banques et sociétés publiques touchées par des affaires de corruption et d’interventionnisme politique.

Dilma Rousseff, qui réprésente pour sa part le Parti des travailleurs (PT), compte sur le soutien de la classe ouvrière, consolidé grâce aux programmes sociaux développés lors des deux mandats de son prédécesseur Luiz Inacio Lula da Silva. Ce dernier s’est dit convaincu de voir Aecio Neves accéder au second tour. Les électeurs devront donc choisir entre une forme de maintien des acquis et le changement. «Le Brésil a un besoin critique de réformes structurelles des règlementations du travail, des impôts et du commerce (...)», écrit Manolis Davradakis. Des évolutions indispensables pour dynamiser la croissance et améliorer la compétitivité globale du pays. Le Brésil est officiellement entré en récession au deuxième trimestre, avec un nouveau recul du produit intérieur brut.

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