Le Brésil compte s’attaquer à la surévaluation du réal face au yuan
«C’est lorsqu’on est environné de tous les dangers qu’il n’en faut redouter aucun» disait le stratège chinois Sun Tzu. Avec le Brésil, les Etats-Unis pourraient trouver un allié de taille dans leur lutte pour une réappréciation du yuan.
Le ministre brésilien des Finances, Fernando Pimentel, a indiqué mardi que «le gouvernement ne resterait pas passif» face à l’appréciation du réal. Mais loin de s’attaquer aux effets de la politique d’assouplissement monétaire de la Fed sur le niveau des devises des pays émergents comme ce fut le cas lors du sommet du G20 en novembre dernier à Séoul, le nouveau gouvernement semble au contraire prêt à soutenir les Etats-Unis pour mettre la pression sur Pékin en vue d’une appréciation plus rapide du yuan. La présidente, Dilma Rousseff, a annoncé son intention de mettre ce sujet brulant au menu de sa prochaine visite en Chine en avril prochain.
Ces déclarations coïncident avec un réal au sommet depuis plus de deux ans à 1,649 dollar (en hausse de 35% depuis 2009), tiré par les bonnes perspectives de l’économie et les afflux de capitaux à court terme. L’indice PMI du secteur manufacturier a progressé de 5 points en décembre et atteint un plus haut de six mois. L’amélioration des conditions de marchés a tiré la demande globale et stimulé nouvelles commandes et embauches. Mais l’excédent commercial est en baisse de 20% par rapport à 2009, alors que la Chine est récemment devenue le premier partenaire commercial du Brésil, devant les Etats-Unis. Le gouvernement a d’ailleurs augmenté ses taxes douanières sur les jouets afin de protéger ses producteurs locaux de la concurrence chinoise. Dans le même temps, la Chine représente un marché gigantesque pour ses débouchés à l’exportation.
Mais le gouvernement compte également utiliser l’arme budgétaire pour limiter la hausse du réal. En effet, si la hausse annuelle de 20% des dépenses publiques a permis de stimuler la croissance, elle a également contraint la banque centrale à maintenir des taux directeurs relativement élevés pour contenir les pressions inflationnistes, mais attirant du même coup les investisseurs étrangers et tirant le réal à la hausse. Dilma Rousseff envisage ainsi jusqu'à 11,2 milliards d’euros de baisses de dépenses publiques, soit davantage que les prévisions, ainsi qu’un recours au secteur privé pour des projets d’infrastructure.
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