Le Brésil baisse ses taux à un niveau historiquement faible
La banque centrale brésilienne a baissé hier son principal taux directeur de 50 points de base (pb) pour le fixer à 8,50%. Une décision certes très largement anticipée, 38 des 41 économistes interrogés par Reuters ayant tablé sur un tel geste, mais qui fait reculer les taux directeurs à un niveau historiquement faible. Depuis août, le taux Selic a été réduit de 400 pb et est même inférieur de 25 pb à son niveau plancher de 2009. Et le cycle devrait se poursuivre. Bank of America prévoit 75 pb d’assouplissement supplémentaire.
«Le gouvernement brésilien semble penser qu’un abaissement des taux d’intérêt résoudra tous les problèmes» estime ING IM. Dans un entretien accordé hier au Wall Street Journal, le ministre des finances Guido Mantega a estimé que la croissance devrait être supérieure à 3% cette année, avec un rebond attendu au second semestre du fait de l’effet prévu des baisses de taux sur le crédit. Goldman Sachs estime que la croissance du crédit a ralenti à un rythme annuel de 18,1% en avril après 18,3% en mars. «L’économie montre déjà des signes de reprise. Le crédit rebondit et les taux d’intérêt baissent» estime Guido Mantega. Selon Valor Econômico, le gouvernement préparerait une série de mesures destinées à relancer la croissance du crédit, en baissant sensiblement le coût dans la renégociation des prêts bancaires. Les créances douteuses des banques ont rebondi à un taux de 7,6% en mars.
Et le gouverneur de la banque centrale Alexandre Tombini a indiqué que «pour le moment, les risques concernant la trajectoire inflationniste demeurent limités. Le comité observe également que, jusqu’à présent, compte tenu de la fragilité de l’économie mondiale, l’influence du secteur extérieur a été désinflationniste». La différence entre le rendement des obligations indexées sur l’inflation et celui des obligations standards a baissé de 51 pb en un mois, à 5,20 points.
Mais ING IM estime qu’«abaisser les taux alors que l’inflation est proche du plafond de l’objectif de la banque centrale et sans procéder à une réforme budgétaire significative constitue une stratégie risquée». A 5,1% en mai, elle reste dans le haut de la fourchette cible de la banque centrale comprise entre 2,5% et 6,5%. Sans compter que le real a subi une chute de 14% contre dollar sur les trois derniers mois. «Alors que le real est toujours la devise émergente la plus chère, le risque d’une nette correction du taux de change est en outre élevé» estime en outre ING IM.
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