Le Brésil accélère son processus d’assouplissement monétaire
Le Brésil multiplie les initiatives pour enrayer le ralentissement de son économie. Cette nuit, le comité de la banque centrale du pays (Copom) a souhaité frapper fort en annonçant une baisse du taux Selic de 75 points de base (pb) pour le ramener sous les 10%, à 9,75%. Si les économistes tablaient sur une baisse identique aux précédentes, de 50 pb, les marchés commençaient depuis quelques jours à anticiper un geste symbolique de 75 pb. Deux membres du Copom ont voté pour une baisse de 50 pb, traduisant la forte pression mise sur la banque centrale par le gouvernement qui espère ainsi réduire les entrées de capitaux, qui ont atteint 15,5 milliards de dollars depuis le début de l’année, et ainsi relâcher la pression sur le real.
Les changes sont ainsi redevenus le nerf de la guerre. En visite en Allemagne, la présidente Dilma Rousseff a averti que son gouvernement ne ménagerait aucun effort pour protéger ses entreprises du «tsunami monétaire» issu des politiques de «quantitave easing» menées par la Fed, la BCE et la BoJ et ayant conduit à une appréciation du real contre dollar de 31% depuis 2008 et de 6% depuis le début de l’année. D’ailleurs, le prolongement de la taxe de 6%, baptisée IOF, sur les prêts étrangers à court terme pour englober tous les prêts jusqu’à 3 ans, ainsi que des interventions de la banque centrale sur le marché des changes ont permis un recul du real de 4% depuis son plus haut du 28 février.
En 2011, la croissance du PIB brésilien a fortement ralenti à un rythme de 2,7% après 7,5% en 2010. Et les perspectives pour cette année ne semblent pas meilleures. La production industrielle a enregistré une chute de 2,1% au mois de janvier, alors que le consensus tablait sur une baisse plus modérée de 0,8%. Sur un an, la baisse atteint même 3,4%, celle de la production de biens durables 7,6% et celle de biens capitalistiques de 13%. Le consensus des économistes interrogés par la banque centrale prévoit un rebond modeste de la croissance à 3,3% et de 4,15% en 2013. Le ministre des finances Guido Mantega n’a pas varié de cap: «notre objectif est toujours de 4% à 5%».
Mais le double assouplissement monétaire et budgétaire pourrait se faire au prix d’un regain de tensions inflationnistes, alors que le prix du pétrole est reparti à la hausse. Même si l’inflation a baissé à 6,2% en janvier, l’enquête de la banque centrale anticipe une inflation qui reste à 5,2% en 2013.
Plus d'articles du même thème
-
EDF se désengage des énergies renouvelables en Amérique du Nord
L’énergéticien français a conclu un accord avec KKR en vue de lui céder un portefeuille d’actifs d’une capacité nette totale de 5,6 gigawatts. -
Les cinq motifs d’inquiétude sur la bulle IA
Les valeurs technologiques ont connu une nouvelle semaine difficile, notamment les semi-conducteurs en Corée. Elles restent néanmoins à des niveaux élevés et beaucoup d’investisseurs misent toujours sur le secteur. Mais les défis s’accumulent. -
La guerre en Iran relance l’intérêt des obligations indexées sur l’inflation
Même si les obligations indexées sur l’inflation ont pu connaître des périodes décevantes, comme entre 2010 et 2019, des investisseurs les ont intégrées dans leur allocation structurelle. -
«Nous continuons de penser qu’une hausse des taux Fed est probable»
Thomas Brulat-Aulan, directeur de la gestion taux listed assets chez Sienna IM. -
«Nous sommes restés à l’écart des émissions des hyperscalers»
Alexandre Stoessel, responsable gestion obligataire chez Scor IP -
«La hausse des marchés est portée par la croissance des résultats»
Thibault Dorlet, CFA, Senior Multi-Asset Portfolio Manager chez Candriam.
ETF à la Une
BNPP AM franchit une nouvelle étape dans sa conquête des ETF actifs
- Amundi dévoile sa stratégie pour devenir un géant d'Asie
- BNPP AM franchit une nouvelle étape dans sa conquête des ETF actifs
- Mubadala Capital veut s’offrir Pierre & Vacances sous conditions très strictes
- Generali Investments renforce ses forces commerciales en France
- Léa Dunand-Chatellet prend la direction générale de Mirova
Contenu de nos partenaires
-
La Fabrique de l'OpinionPrésidentielle : les villes moyennes au cœur du récit national
Brice Soccol : « Ce n’est plus seulement l’opposition entre villes, péri-urbanité et campagnes qui structure la géographie électorale française, mais la capacité des territoires à offrir des perspectives de mobilité sociale, d’emploi et de qualité de vie » -
L'été sera chaudLe pays brûle, les candidats regardent ailleurs
Malgré l'ampleur de l'épreuve vécue par la quasi-totalité du pays, les prétendants à l'Elysée n'ont effectué que des ajustements à la marge de leur campagne. Le débat n'a pas dépassé le stade de savoir s'il fallait climatiser le pays -
Vieux démonsAprès l'accord israélo-libanais, le spectre d'une occupation israélienne sans fin du Liban
Israël et le Liban ont signé un accord historique à Washington, mais son application dépend d'un improbable désarmement du Hezbollah