Le billet vert devient une denrée chère pour les banques européennes
C’est un nouveau signe des tensions qui affectent le financement en dollar des banques européennes. Deux établissements de crédit ont été contraints d’aller chercher hier 575 millions de dollars à 7 jours auprès de la BCE. C’est la deuxième fois en un mois qu’un tel événement se produit. Le 17 août, l’annonce qu’une banque avait emprunté 500 millions de dollars à la BCE avait nourri les spéculations.
«Emprunter du dollar à la BCE coûte toujours plus cher que d’en fabriquer avec des swaps de change à partir d’un emprunt en euros, note le trésorier d’un grand groupe bancaire. Cela montre que ces deux banques n’ont pas agi par opportunisme.» La BCE prête en dollars à 1,10%.
Les montants demandés restent cependant modestes. Le swap de base euro/dollar, qui mesure le coût de l'échange d’un financement euro contre dollar, s’est légèrement resserré ces derniers jours, passant de -120 points de base lundi à -98 pb hier après n’avoir cessé de s’écarter. «Il reste à des niveaux très stressés, mais le fait qu’il ne s’écarte plus suggère que cet élément particulier de la crise - la rupture de financement en dollar - ne s’aggrave pas pour le moment», soulignent les stratégistes de HSBC.
A Paris, plusieurs banquiers remettent aussi en perspective l’ampleur du retrait des fonds monétaires américains au mois d’août après qu’ils ont concentré leurs portefeuilles en papier français au détriment d’autres signatures européennes jugées plus risquées. «Depuis début septembre, nous avons vu la situation se stabiliser», assure un dirigeant de banque française, alors que Frédéric Oudéa confiait cette nuit à Bloomberg que la Société Générale pouvait bien se passer «à jamais» de cette source de financement. L’utilisation de swaps de change permet par ailleurs de contrebalancer la réduction des maturités, en assurant des financements à 6 ou 12 mois.
Reste qu’au bout du compte, la ressource dollar pour les banques européennes deviendra structurellement plus rare et plus chère. RBS relève qu’un émetteur français aurait levé la semaine dernière 500 millions de dollars à un an sur le marché monétaire, avec une option de vente (putable) pour l’acquéreur en cas de dégradation de la note, au taux 1 mois +75 pb. «C’est un niveau cher payé pour ce type de structure; mais dans le marché actuel, sur ces maturités, le cash est plus important que le prix», souligne la banque. Les conclusions s’imposent: réduire l’activité, comme l’a indiqué BNP Paribas, et refacturer ce coût au client.
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