Le AAA britannique est à son tour menacé par Fitch

L’agence a revu de «stable» à «négative» sa perspective sur la note, reflétant une probabilité de dégradation légèrement supérieure à 50%
Patrick Aussannaire

La dette britannique est également sur la sellette. Fitch a rétrogradé hier soir la perspective du AAA britannique de «stable» à «négative», ce qui signifie que la probabilité est «légèrement supérieure à 50% que la note soit abaissée dans un horizon à deux ans», selon l’agence. Une décision justifiée par « des marges de manœuvre très limitées pour absorber de futurs chocs économiques compte tenu de tels niveaux élevés de dette et d’une reprise qui pourrait être plus faible que ce qui est actuellement anticipé». Moody’s avait déjà alerté fin décembre que le AAA britannique n’est pas à l’abri dans le cas où la croissance ne serait pas suffisante pour soutenir les efforts budgétaires.

Cette alerte intervient une semaine avant la présentation par le chancelier de l’Echiquier, George Osborne, du budget annuel devant le parlement. Le gouvernement subit une forte pression de la part de ses alliés libéraux-démocrates afin d’engager un plan de relance de l'économie, qui s’est contractée de 0,2% au quatrième trimestre 2011. L’excédent du secteur public de 7,75 milliards de livres dégagé en janvier, le meilleur mois depuis janvier 2008, semblait avoir dégagé des marges de manœuvre.

Mais le gouvernement maintient le cap pour éradiquer le déficit public d’ici 2017. La dette devrait culminer à 78% du PIB d’ici 2015, avant de redescendre. Le ministre du budget Danny Alexander a réagi à l’annonce de Fitch en indiquant qu’il s’agit «d’un rappel salutaire de la raison pour laquelle la Grande-Bretagne doit s’attaquer à son énorme dette et son déficit dont nous avons hérité, et pourquoi nous devons nous en tenir à ce cap». George Osborne avait rappelé plus tôt que «les jours des cadeaux gratuits sont finis, et ne reviendront pas dans ce budget».

Pour l’heure, la politique de la BoE a permis de financer la dette à moindre coût, avec un taux à 10 ans de 2,26%. D’où le lancement les «obligations Osborne» de maturité 100 ans ou perpétuelles. Si l’idée est séduisante pour le Trésor britannique, elle laisse les investisseurs sceptiques. «Compte tenu de la courbe des taux après 30 ans, les investisseurs prendrait énormément de risque de duration pour un rendement supplémentaire très faible» indique Robin Marshall, directeur chez Smith & Williamson IM. D’ailleurs, l’Association nationale des fonds de pension, qui gère 800 milliards de livres, a clairement indiqué qu’elle ne sera pas preneuse d’obligations si longues.

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