Le AAA britannique est à son tour menacé par Fitch
La dette britannique est également sur la sellette. Fitch a rétrogradé hier soir la perspective du AAA britannique de «stable» à «négative», ce qui signifie que la probabilité est «légèrement supérieure à 50% que la note soit abaissée dans un horizon à deux ans», selon l’agence. Une décision justifiée par « des marges de manœuvre très limitées pour absorber de futurs chocs économiques compte tenu de tels niveaux élevés de dette et d’une reprise qui pourrait être plus faible que ce qui est actuellement anticipé». Moody’s avait déjà alerté fin décembre que le AAA britannique n’est pas à l’abri dans le cas où la croissance ne serait pas suffisante pour soutenir les efforts budgétaires.
Cette alerte intervient une semaine avant la présentation par le chancelier de l’Echiquier, George Osborne, du budget annuel devant le parlement. Le gouvernement subit une forte pression de la part de ses alliés libéraux-démocrates afin d’engager un plan de relance de l'économie, qui s’est contractée de 0,2% au quatrième trimestre 2011. L’excédent du secteur public de 7,75 milliards de livres dégagé en janvier, le meilleur mois depuis janvier 2008, semblait avoir dégagé des marges de manœuvre.
Mais le gouvernement maintient le cap pour éradiquer le déficit public d’ici 2017. La dette devrait culminer à 78% du PIB d’ici 2015, avant de redescendre. Le ministre du budget Danny Alexander a réagi à l’annonce de Fitch en indiquant qu’il s’agit «d’un rappel salutaire de la raison pour laquelle la Grande-Bretagne doit s’attaquer à son énorme dette et son déficit dont nous avons hérité, et pourquoi nous devons nous en tenir à ce cap». George Osborne avait rappelé plus tôt que «les jours des cadeaux gratuits sont finis, et ne reviendront pas dans ce budget».
Pour l’heure, la politique de la BoE a permis de financer la dette à moindre coût, avec un taux à 10 ans de 2,26%. D’où le lancement les «obligations Osborne» de maturité 100 ans ou perpétuelles. Si l’idée est séduisante pour le Trésor britannique, elle laisse les investisseurs sceptiques. «Compte tenu de la courbe des taux après 30 ans, les investisseurs prendrait énormément de risque de duration pour un rendement supplémentaire très faible» indique Robin Marshall, directeur chez Smith & Williamson IM. D’ailleurs, l’Association nationale des fonds de pension, qui gère 800 milliards de livres, a clairement indiqué qu’elle ne sera pas preneuse d’obligations si longues.
Plus d'articles du même thème
-
L’Af2i a remis ses prix académiques pour des recherches publiées en 2025
La commission Recherche de l’Association française des investisseurs institutionnels a distingué trois chercheurs pour des travaux qui portent cette année sur des sujets de durabilité. -
Mubadala rassure les gestionnaires d’actifs américains
Mubadala, le fonds souverain d’Abou Dabi, a réaffirmé son engagement à investir aux États-Unis à l’occasion d’une conférence mondiale organisée par le Milken Institute. -
LD Pensions recherche un gérant actions européennes
Le danois LD Pensions a lancé un appel d’offres pour la gestion de ses investissements en actions européennes. -
La France creuse le sillon de la souveraineté dans les terres rares
Bâtir une société électrifiée nécessite un approvisionnement massif et sécurisé en terres rares et minéraux critiques. Le gouvernement a décidé de soutenir financièrement la production de ces matières premières, notamment en France, et d’assurer les débouchés de la filière auprès des secteurs qui les consomment. -
Les dettes subordonnées bancaires affichent une résistance plus structurelle aux crises
La conjonction des facteurs fondamentaux, liés à la solidité des banques, et des facteurs techniques, liés notamment à la bonne collecte globale du crédit, donne l’impression, à l’occasion de ce choc pétrolier, que les dettes subordonnées comme les AT1 ont globalement réduit leur biais «risqué» par rapport aux autres classes d’actifs. -
Emmanuel Moulin est proposé comme nouveau gouverneur de la Banque de France
L'Elysée a proposé le nom d'Emmanuel Moulin pour prendre la suite de François Villeroy de Galhau au poste de gouverneur de la Banque de France. L'Assemblée et le Sénat devront maintenant se prononcer sur ce projet de nomination.
ETF à la Une
La collecte a repris sur le marché européen des ETF en avril
- Ofi Invest AM choisit un ex-Axa IM comme directeur des gestions
- Amundi excède nettement les attentes au premier trimestre 2026
- La gestion alternative liquide se trouve de nouveaux vecteurs de croissance
- BNP Paribas collecte 15,7 milliards d'euros dans sa gestion d'actifs au premier trimestre 2026
- Les gestionnaires d'actifs trouvent dans la clientèle retail un relais de croissance majeur
Contenu de nos partenaires
-
Le poids des motsEn s'attaquant à l'« assistanat », Marine Le Pen lisse ses divergences avec Jordan Bardella
En élargissant sa critique de « l’assistanat », marqueur longtemps verrouillé de son discours, Marine Le Pen amorce une redéfinition de son image politique à l’approche de 2027. Un ajustement qui réduit aussi le contraste grandissant avec Jordan Bardella -
Tête baissée« Projet Liberté » de Donald Trump : les risques du passage en force du détroit d'Ormuz
Les escortes américaines de navires commerciaux dans le passage stratégique pourraient bien les exposer encore plus aux tirs des Iraniens -
RadioscopieAudiovisuel public : mauvais rapport, bonnes questions
Aussi contestée soit-elle, la croisade menée par le rapporteur UDR de la commission d’enquête, Charles Alloncle, aura eu un mérite : mettre fin à l’immunité dont jouissaient France Télévisions et Radio France