LCH.Clearnet conserve le cash actions de Nyse Euronext

La chambre de compensation va garder son contrat avec la Bourse, qui préfère le renégocier plutôt que de se lancer dans un projet dur à rentabiliser
Alexandre Garabedian

En l’espace d’un mois, l’horizon de LCH.Clearnet s’est nettement éclairci. L’incertitude capitalistique a pris fin le 9 mars lorsque le London Stock Exchange a annoncé le rachat d’une participation majoritaire dans la chambre de compensation franco-britannique. Quant aux annonces, hier, de Nyse Euronext dans le clearing, elles balisent pour plusieurs années les relations entre ces deux partenaires historiques.

La Bourse transatlantique a finalement choisi de laisser chez LCH.Clearnet la compensation de ses activités de cash actions. «Ce n’est pas nécessairement une surprise, mais une clarification bienvenue pour le long terme», indique un proche de la chambre, à Londres. En mai 2010, avant que ses fiançailles avec Deutsche Börse n’interrompent le processus, Nyse Euronext avait annoncé son intention de mettre fin à ce contrat. Prolongé jusqu’en décembre 2013, celui-ci sera renégocié. Nyse Euronext accepte ainsi que ses marchés cash européens soient «compensés» par l’un de ses grands concurrents, le LSE.

LCH.Clearnet perdra en revanche au premier trimestre 2014 la compensation des dérivés traités sur le continent, ainsi que ce qui restait de son contrat de sous-traitance avec Nyse Liffe. Les conséquences financières des annonces sont encore difficiles à appréhender. En 2011, LCH.Clearnet a dégagé 98 millions d’euros de revenus de son contrat avec Nyse Euronext (cash et dérivés), auxquels s’ajoutent 35,5 millions d’euros engrangés auprès du Liffe. Soit 34% du chiffre d’affaires du groupe. «Ces chiffres historiques ne donnent pas une indication fiable de l’impact d’un retrait de Nyse Euronext, en raison des restructurations potentielles et des coûts associés qui en résulteraient», indiquaient le LSE et LCH.Clearnet début mars.

Le statu quo sur la compensation du cash actions n’étonnait pas hier les opérateurs de marché. «On s’y attendait, explique le dirigeant d’un courtier à Paris, qui tient à rester anonyme. Le clearing cash n’est pas rentable et n’a pas de business model: ce ne peut être qu’un satellite, soit du trading cash, soit du clearing dérivés». Et le renoncement par Nyse Euronext à créer un nouvel acteur sur ce marché n’est pas forcément une mauvaise nouvelle. «Le pire serait que la concurrence se joue, au-delà des tarifs, sur des éléments de sécurité du marché comme les appels de marge», estime le professionnel.

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