L’avenir des investisseurs de l’obligation de projet Castor est incertain
La société qui avait la concession d’exploitation du projet de stockage de gaz a jeté l'éponge. Elle devrait être indemnisée par l’Etat espagnol
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Solenn Poullennec
Alors que le gouvernement français s’est félicité la semaine dernière du lancement d’une obligation de projet soutenue par la Banque européenne d’investissement (BEI), Standard & Poor’s a mis en garde les investisseurs au sujet d’une autre obligation de projet soutenue par l’institution européenne.
L’agence a maintenu sous surveillance négative la note BBB attribuée aux quelque 1,4 milliard d’euros d’obligations seniors de maturité 2034 émises à l’été 2013 par la société Escal UGS, via le SPV Watercraft Capital. Cette émission, la première du genre à bénéficier d’une garantie de la BEI, devait servir à financer le projet de stockage souterrain de gaz au large des côtes catalanes, baptisé Castor. Cependant, dès le mois de septembre 2013, le gouvernement a suspendu le projet car il était soupçonné de provoquer des tremblements de terre. Ces suspicions ayant été confirmées, le groupe de construction ACS a annoncé en juin dernier que sa filiale, Escal UGS, renonçait à la concession d’exploitation qui lui avait été octroyée. Cet abandon est censé ouvrir droit à une indemnisation de l’Etat espagnol.
«Ce type de mécanisme de compensation n’a jamais été testé et nous ne sommes pas certains que les versements seront faits à temps», prévient cependant S&P. Selon l’agence, si les conditions d’indemnisation devaient rester indéterminées au-delà du 30 novembre prochain, les porteurs obligataires devraient compter sur la garantie d’ACS et éventuellement sur celle de la BEI (elle avait fourni une ligne de liquidité de 200 millions d’euros à Watercraft Capital). Dans ce cas, S&P baissera la note des obligations de deux crans, en catégorie spéculative. Fitch a dégradé les titres en catégorie spéculative, de BBB+ à BB+, et maintenu sa mise sous surveillance négative dès le mois de juin. «Même si l’existence, pour soutenir l’indemnisation, de 200 millions d’euros au titre de la facilité de rehaussement de crédit des obligations de projet de la BEI est une bonne chose, cela ne garantit pas que les porteurs obligataires seront laissés indemnes car cela dépendra au final du montant et de la date des versements de compensation, et peut-être du soutien d’ACS», écrivait l’agence.
«Le gouvernement espagnol a jusqu’au mois de novembre pour décider des conditions dans lesquelles il met fin à la concession. Suivant ce qu’il fera, on verra comment le concessionnaire, les investisseurs, la BEI, etc. seront traités», déclare à L’Agefi, le vice-président de la BEI, Philippe de Fontaine Vive.
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