L’Autorité bancaire européenne met à son tour en garde contre le bitcoin
Nouvelle mise en garde des régulateurs à l’encontre des monnaies virtuelles. L’Autorité bancaire européenne (EBA) a décidé d’emboîter le pas à la Banque de France et aux autorités chinoises pour prévenir des risques liés à leur utilisation. Dans un communiqué directement adressé aux consommateurs, et nettement centré sur le cas spécifique du bitcoin, elle ne cache pas sa méfiance. L’EBA rappelle que l’utilisateur de monnaies virtuelles peut perdre la totalité des fonds détenus sur les plates-formes, faute d’un système de garantie ou d’une protection juridique.
Le régulateur européen souligne par ailleurs que la monnaie étant stockée dans un «portefeuille numérique» protégé par une clé d’identification ou un mot de passe, elle peut être aussi bien piratée que victime d’une «bourde» de l’utilisateur. Un Britannique s’est ainsi rendu compte avoir jeté récemment un disque dur contenant 7.500 bitcoins et les clés afférentes, soit une perte estimée à plus de 5 millions d’euros au cours actuel.
L’EBA insiste ensuite sur le caractère hautement spéculatif du bitcoin, dont le cours a flucté de 400 dollars à plus de 1.200 dollars au cours des trente derniers jours. «Si la popularité d’une monnaie virtuelle spécifique vient à baisser, par exemple dans le cas où une autre devise virtuelle la supplante, alors il est possible que sa valeur chute fortement et durablement», avertit l’autorité. Dans son rapport publié début décembre, la Banque de France avait pour sa part braqué le projecteur sur l’organisation d’une «pénurie» du bitcoin, la quantité de monnaie étant limitée.
Enfin, l’EBA prévient que même si elles sont publiques, les transactions restent intraçables et fournissent un haut degré d’anonymat. «Il est donc possible que les réseaux de monnaies virtuelles soient utilisés pour des transactions associées à des activités criminelles, dont le blanchiment d’argent», énonce le communiqué. Avec à la clé, le risque d’une fermeture sans préavis des plates-formes. Pour l’EBA, les monnaies virtuelles, bitcoin en tête, ne sont pas loin de s’apparenter au jeu en ligne. «Vous ne devriez pas utiliser de l’argent «réel» que vous ne pouvez pas vous permettre de perdre», conclut-elle à l’intention des consommateurs.
Mais si l’EBA se montre craintive, le gouvernement allemand ou la Réserve fédérale ont accueilli favorablement la monté en puissance du bitcoin, pour la faiblesse des coûts de transactions qu’il offre.
Plus d'articles du même thème
-
CVC réitère son engagement dans Curium
Le spécialiste français de la médecine nucléaire a obtenu de nouvelles facilités de dette et un apport en capital de l’un de ses principaux sponsors. -
Uber porte sa participation dans Delivery Hero à 37%
Le géant du VTC s’impose comme actionnaire dominant du groupe allemand de livraison de repas. Une offre publique d'achat formelle pourrait intervenir dans les semaines à venir. -
Les family offices européens réajustent massivement les portefeuilles face à la situation géopolitique
Selon le dernier rapport d’UBS, la géopolitique pousse les family offices européens à une réallocation sans précédent de leurs actifs. Au programme : diversification hors du dollar et boom de l'IA. -
Michelin veut supprimer jusqu'à 1.500 postes en France en trois ans
Ces départs se feraient sur la base du volontariat. Ils sont justifiés par le pneumaticien par une concurrence accrue et un contexte «fortement instable». -
Le dispositif Jeanbrun doit être appréhendé comme un outil de transmission
Le "nouveau statut de bailleur privé", très critiqué par les acteurs de l'immobilier, se révèle pertinent dans le cadre d'une donation. -
Axa, Carrefour, Gecina, Scor et Valeo émettent des obligations
Au total, ces cinq entreprises ont annoncé avoir émis pour plus de 3 milliards d'euros d'obligations entre mercredi soir et jeudi matin.
ETF à la Une
La Bourse de Corée lance des ETF à levier sur Samsung et SK Hynix
- La réplication synthétique dévoie la vocation du PEA
- Pierre Séquier (Exane AM) : «L'Europe germanophone constitue un objectif pour notre développement»
- L’essor de la gestion passive continue de soutenir l’industrie des indices en 2025
- L’Italie cherche à canaliser l’épargne vers ses entreprises
- Invesco discute avec le fondateur de Zara pour lui céder l'immeuble Capital 8 à Paris
Contenu de nos partenaires
-
Oman dans le viseur de Donald Trump : menace réelle ou lapsus diplomatique ?
Lors d'une allocution le 27 mai, Donald Trump a surpris jusque dans son propre camp en menaçant de « pulvériser » Oman, pourtant allié historique de Washington. Manifestement, le président aurait (encore) confondu deux pays -
Plan de départsPneus asiatiques, pression fiscale : pourquoi Michelin veut supprimer 1 500 emplois
Le leader français des pneus a annoncé ce jeudi un nouveau dispositif de départs volontaires, sur fond de conjoncture dégradée par les tensions macroéconomiques -
Le cercle des initiésLe déroutant virage électrique de Ferrari
L’Agefi et l’Opinion passent toutes les semaines au laser des entreprises ou des secteurs qui ont fait l’actualité