L’Australie s’inquiète du gel des investissements des grands groupes miniers

Selon le ministre de l’Energie, le pic des ressources naturelles est atteint. Un ralentissement qui pourrait précipiter le pays vers la récession
Olivier Pinaud

L’annonce par BHP Billiton, mercredi, du gel d’un projet d’investissement de près de 33 milliards de dollars dans la mine de cuivre d’Olympic Dam, dans le Sud de l’Australie, a provoqué des répercussions au sein même du gouvernement australien. «Le boom des ressources naturelles est terminé», s’est inquiété Martin Ferguson, le ministre des Ressources et de l’Energie du pays, avant que Penny Wong, la ministre des Finances, ne vienne tempérer sa déclaration. «Il y a encore une grande marge de progression en ce qui concerne le boom de l’investissement», a-t-elle assuré.

La tension est vive dans le pays, alors que l’opposition estime que la taxe sur le carbone et les mines adoptée par le gouvernement contribue grandement au gel des investissements de la part des grands groupes miniers.

Une tension légitime. La prudence des groupes miniers, en réponse au ralentissement de la demande en provenance de Chine, fragilise en effet l’économie d’un pays qui a pleinement bénéficié ces dernières années d’un afflux de plus de 270 milliards de dollars d’investissements.

Selon les économistes de Deutsche Bank, l’Australie pourrait entrer en récession en 2013 si les prix du minerai de fer et du charbon, les deux principales ressources naturelles du pays, poursuivent leur déclin avec l’impact que cela implique sur la balance commerciale du pays. Sans compter que la vigueur du dollar australien, en hausse de 50% depuis 2008 et toujours proche de ses plus hauts de trente ans, pénalise les exportations.

Ces inquiétudes tranchent avec les prévisions de la Banque centrale australienne. La RBA ne s’attend pas à un pic des matières premières avant 2013-2014 et estime que le stocks de projets est encore suffisant pour maintenir le rythme de croissance. La banque centrale a même récemment relevé à 3,5% sa prévision de croissance pour 2012, contre 3% auparavant. «Il y a plus de 500 milliards de dollars d’investissements en cours, dont plus de la moitié est à un stade avancé», rappelle la ministre des Finances.

Selon des cabinets d’analyses, le montant des investissements d’ici à 2017 pourrait plafonner à moins de 300 milliards de dollars. Mais les récentes statistiques montrent une aggravation du nombre de défaillances de petites et moyennes entreprises sous-traitantes des géants miniers.

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