L’Australie poursuit sa politique progressive d’assouplissement monétaire
La banque centrale australienne a baissé son taux directeur de 25 pb pour le ramener à 3,50% sur fond de crise européenne et de ralentissement chinois
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Patrick Aussannaire
La RBA maintient son cap. La Banque centrale australienne a procédé à une nouvelle baisse de 25 pb de son taux directeur, pour le ramener à 3,50%, sur fond de crise européenne et d’une croissance ralentie en Chine. «Le Comité de politique monétaire a estimé, compte tenu de la croissance domestique modeste et de l’affaiblissement et de l’incertitude qui pèsent sur l’environnement international, que les perspectives d’inflation laissent la place à une politique monétaire plus accommodante» selon son gouverneur, Glenn Stevens.
Contrairement au Brésil ou à l’Inde qui usent de l’arme budgétaire pour relancer la croissance, l’Australie a décidé de mettre ses finances publiques en bon ordre, avec un plan budgétaire visant à revenir à l’excédent sur l’année fiscale 2012-2013, après un déficit prévu pour 2012 de 44,4 milliards de dollars australiens. «Les années de déficits publics de la récession mondiale sont derrière nous» a averti le ministre des Finances, Wayne Swan. Un projet ambitieux qui représente 45,9 milliards de budget net en plus sur une année, soit 3,1% du PIB.
«Le projet du gouvernement de revenir à un excédent budgétaire est basé sur des prévisions de croissance optimistes, ainsi que sur des effets comptables» estime néanmoins Macquarie Securities. Le gouvernement prévoit une croissance de 3,25% en 2012-2013 et de 3% l’année suivante. La RBA a baissé ses prévisions de croissance et d’inflation de 0,5 point pour cette année à respectivement 3% et 2,25%.
Pour le moment, la croissance tient. Elle a été de 1,3% au premier trimestre ce matin, près de deux fois supérieure aux prévisions du consensus. Mais la chute attendue des prix immobiliers et de la demande de matières premières devraient entamer la croissance. Le prix moyen d’une maison à Melbourne représente 7 à 8 années de salaire, contre 3 à 4 avant 2000, un phénomène que RBS qualifie de bulle prête à éclater.
«Le retour à l’excédent budgétaire donne un maximum de flexibilité à la RBA pour réduire les taux si elle le juge nécessaire», a rappelé Wayne Swan. Reste que la décision de la RBA a entrainé une hausse de la devise contre dollar de 1,1% cette nuit à 98,53, après un recul la semaine dernière à 95,82, un plus bas de huit mois. Si le taux à 3 ans a bondi de 24 pb à 2,19%, les marchés ayant espéré une baisse de taux plus importante, Natixis s’attend à un nouveau geste de 25 pb dès la prochaine réunion de juillet afin de «contrebalancer les effets négatifs de l’austérité fiscale».
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