L’Australie obtient le sésame d’une cotation directe de sa devise avec le yuan
Le dollar australien rejoint le club très fermé des devises échangeables directement en yuan. Le Premier ministre australien, Julia Gillard, a confirmé ce matin à l’occasion du Boao Forum, qualifié de «Davos de l’Asie», qu’un accord avec la Chine a été signé permettant aux devises des deux pays d’être directement convertibles l’une dans l’autre, sans passer par le billet vert. Jusqu’à présent, seuls le yen et le dollar américain bénéficiaient d’un tel privilège. Un fixing quotidien sera publié par la Banque Populaire de Chine (PBOC) sur le taux de change entre les deux devises, alors que Westpac Banking Corp et Australia & New Zealand Banking Group ont été mandatées pour réaliser les cotations directes, qui devraient débuter dès mercredi, le 10 avril. Une ligne de swap de devises avait déjà été mise en place en mars entre les deux pays, de 30 milliards de dollars australiens ou de 200 milliards de yuans, mais n’a jamais été utilisée.
«Ceci constituera un énorme avantage pour l’Australie, non seulement pour nos grosses entreprises, mais également pour nos PME qui souhaitent étendre leur activité en Chine» s’est félicitée Julia Gillard. D’autant que la Chine est le premier partenaire commercial de l’Australie. Les exportations vers l’Empire du milieu se sont montées à 9,9 milliards de dollars australiens en janvier, et représentent environ 20% des exportations totales du pays. «Les PME australiennes commencent également à facturer en yuan afin de fournir à leurs clients une plus grande flexibilité de paiement» estime Paul Edgar, responsable chez HSBC en Australie. Un dollar australien cote actuellement 6,4 yuans.
Difficile cependant de ne pas relier cet accord avec les vives critiques formulées de la part de Pékin, qui cherche à réduire sa dépendance vis-à-vis du dollar et du yen, vis-à-vis de la politique monétaire ultra-expansionniste pratiquée tant par les Etats-Unis que par le Japon. Ce week-end, les réactions en Chine se sont multipliées pour fustiger la politique mise en place par la BoJ (lire page 2). «Un affaiblissement du yen a des effets collatéraux sur ses voisins… Si les autres économies asiatiques suivent l’exemple du Japon, les conflits commerciaux pourraient s’intensifier et mettre en péril la coopération et l’intégration économique dans la région» a prévenu le régulateur chinois des échanges internationaux. Le ministre coréen des Finances a également estimé que la chute du yen avait «franchi la limite». Dans le même temps, la banque centrale australienne a conservé le statu quo monétaire à sa dernière réunion et ne semble pas s’inquiéter et agir contre la hausse de sa devise.
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