L’Australie consacre une partie de ses réserves de change pour investir en Chine
L’Australie renforce ses liens avec la Chine. La banque centrale australienne (RBA) a indiqué hier qu’elle prévoyait d’allouer 5% de ses 38,2 milliards de dollars locaux de réserves de change pour investir dans des obligations souveraines chinoises. Le montant alloué pourrait ainsi atteindre 1,9 milliard (1,5 milliard d’euros), avec un quota déjà fixé par Pékin.
Il s’agira de «la première fois que la RBA aura investi directement dans un marché obligataire souverain d’un pays asiatique autre que le Japon», a ainsi indiqué Philip Lowe, vice-gouverneur de la RBA, dans un discours prononcé hier à Shanghai. Et d’ajouter que cela «reflète un renforcement des relations économiques entre la Chine et l’Australie et l’accroissement de nos liens financiers». Pour le moment, 45% des réserves australiennes sont investies en euros, 45% en dollars, 5% en yens et 5% en dollars canadiens.
L’Australie était déjà devenue, en début de mois, le troisième pays à se voir offrir une conversion directe de sa devise en yuan. Jusqu'à présent, seuls le yen et le dollar bénéficiaient d’un tel privilège. La RBA et la PBOC disposent également d’une ligne de swap de devises de 30 milliards de dollars australiens ou de 200 milliards de yuans depuis le mois de mars 2012, même si celle-ci n’a pas encore été utilisée.
La Chine pesait à hauteur d’un tiers dans les exportations australiennes en février, contre 26% en 2012 et moins de 5% dans les années 1990, selon les chiffres de la RBA. En 2012, environ 12% des échanges commerciaux chinois bénéficiaient d’un règlement en yuans. Une proportion qui pourrait passer à 15% cette année, selon les estimations de Deutsche Bank.
Cet accord permet également à la Chine de poursuivre ses efforts d’internationalisation du renminbi, sans pour autant mettre un terme aux mesures de contrôle des capitaux imposées par le pays. Le Chili, le Japon et la Malaisie détiennent tous trois des actifs libellés en renminbi, alors que le Nigeria alloue 10% de ses réserves à des actifs libellés en devise chinoise.
Le Japon est devenu, en mars 2012, le premier pays développé à recevoir l’autorisation d’investir directement dans les obligations souveraines chinoises. «La question la plus importante est de savoir si cet accord sera suivi par des investissements d’autres banques centrales» se demande néanmoins Martin Whetton, stratégiste chez Nomura Holdings.
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