L’attrait des Français pour l'épargne salariale reste fort
Pour sa huitième rencontre, organisée au Sénat hier, le Club de l’épargne salariale s’est tourné vers les salariés. Il a ainsi commandé une étude à l’institut CSA sur leur perception de l’épargne salariale et leur connaissance des outils à disposition dans leurs entreprises. Conduite auprès d’un échantillon représentatif de 781 personnes en septembre, soit au début des mobilisations de rentrée contre la réforme des retraites, l’enquête montre que 82% des Français jugent que le montant de leur retraite sera insuffisant pour leur assurer une vie confortable. Au-delà des écarts entre sentiments et réalités statistiques dans les entreprises, l’épargne salariale (Perco, PEE, article 83, régime à cotisation définie) apparaît comme une voie logique pour se créer des revenus complémentaires.
Sur les 67% des salariés déclarant ne pas bénéficier d’une offre en épargne salariale, 7 personnes sur 10 souhaiteraient épargner en moyenne 9% de leur salaire net dans le cadre de tels dispositifs. Pour ceux dont l’entreprise propose déjà des solutions d’épargne salariale, le montant moyen de l’investissement prévu serait de 3,6% du salaire net, dont 69% des versements seraient effectués, en totalité ou en partie, sur des produits actions.
Paradoxe: alors que le besoin est là, le dispositif, lui perd de son attrait fiscal. L’annonce, en septembre, du relèvement du forfait social sur l’intéressement et la participation, de 4% à 6% au 1er janvier 2011, après avoir déjà été passé de 2% à 4% cette année, va par exemple avoir un impact négatif sur les entreprises. Alors que selon l’étude, 2 salariés sur 3 déclarent ne toujours pas avoir de dispositif d’épargne dans leur entreprise, les évolutions fiscales risquent de démotiver les structures prêtes à négocier. Les parlementaires ont aussi dans leur viseur le crédit d’impôt intéressement, créé en 2008 pour inciter les entreprises à mettre en place des accords.
Du côté de ceux qui disposent déjà d’un dispositif dans leur entreprise, ils déclarent épargner en moyenne 7% de leur salaire pour leur retraite. Sur les douze derniers mois, quatre salariés sur dix ont effectué au moins un versement s’élevant en moyenne à 4,7% de leur salaire net. Ces derniers ont privilégié à 43% le PEE par rapport aux autres dispositifs.
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