L’assouplissement des conditions de prêts aux entreprises offre un répit à la BCE

Pour la première fois depuis 2007, les banques de la zone euro se montrent moins pointilleuses alors que la demande de prêts se renforce
Solenn Poullennec

Pour la première fois depuis la mi-2007, les banques de la zone euro ont desserré les cordons de la bourse au bénéfice des entreprises. Cette tendance pourrait pousser la Banque centrale européenne (BCE) à rester attentiste.

Les banques qui déclarent avoir resserré leurs conditions d’octroi de crédit aux sociétés au cours du deuxième trimestre ont été moins nombreuses que celles qui se sont dit plus bienveillantes (avec un pourcentage net à -3% contre 1% au premier trimestre), selon l’enquête trimestrielle de la BCE publiée hier. Ces données devraient «conforter la BCE dans sa position d’attente pendant et au-delà de la pause estivale, sauf choc externe ou grosse surprise sur l’inflation», commente Frederik Ducrozet, chez Crédit Agricole CIB. D’autant que la banque centrale a déjà annoncé des opérations de refinancement ciblées en septembre et décembre (T-LTRO) censées encourager la distribution de crédits.

«Il semble que la reprise en cours dans la région, en agissant sur la perception des risques par les banques, contrebalance largement les pressions au resserrement liées à la revue complète des bilans et aux stress tests qui s’ensuivent», souligne Marco Protopapa, chez JPMorgan. La tendance à la détente sur les prêts aux entreprises est la plus marquée en Italie (à -13% contre 13%) mais est aussi manifeste en France (à -2% contre 0%). En Espagne et en Allemagne, l’accès des sociétés aux prêts est resté inchangé.

Parallèlement, le redressement de la demande de prêts par les entreprises se confirme. Le pourcentage net des banques ayant noté une amélioration est passé de 2 à 4%. «Il est très encourageant que cette amélioration de la part des entreprises soit principalement due à la demande de prêts pour les investissements en capital fixe», souligne Loredana Federico, chez UniCredit. Il existe cependant de grandes disparités entre les principales économies de la zone euro. Si la demande est en berne en France (à -2% contre 4%) elle augmente très sensiblement en Espagne (avec un pourcentage net inchangé à 20%).

Dans l’ensemble, la demande de prêts et l’accès des ménages à ceux-ci continuent de s’améliorer. Le pourcentage net d’établissements notant un resserrement des conditions d’octroi de prêts immobiliers est passé à -4% (contre -5%). L’amélioration reste très marquée en Italie même si elle l’est moins qu’au premier trimestre (à -25% contre -50%) alors que la situation restée inchangée dans les autres principaux pays de la zone euro.

Un évènement L’AGEFI

Plus d'articles du même thème

ETF à la Une

Contenu de nos partenaires

A lire sur ...