L’Asie veut juguler l’afflux de capitaux étrangers lié à la baisse du dollar
Les pays asiatiques réagissent désormais plus fermement pour contrer la dépréciation du dollar qui, en entraînant une pression à la hausse sur les devises de la région, risque de compromette leurs performances économiques. Après la Thaïlande qui a le mois dernier établi une taxe de 15% sur les plus-values obligataires pour les non-résidents, c’est la Corée du Sud qui a annoncé hier son intention de freiner les volumes d’entrée de capitaux étrangers.
«Nous allons mettre en place un système pour contrer la volatilité excessive des flux de capitaux étrangers dans notre pays», a déclaré le ministre des Finances Yoon Jeung Hyun, en s’appuyant sur les conclusions du dernier G20 autorisant l’adoption de mesures macro-prudentielles dans les pays émergents pour freiner cet afflux. Une proposition de loi a été déposée la semaine dernière en vue de réintroduire une taxe obligataire de 14% pour les investisseurs étrangers. Sont également à l’étude «une taxe bancaire et un durcissement de la réglementation sur l’utilisation de dérivés libellés en devises pour les banques non résidentes».
Ce raidissement est d’autant plus marquant que «la Corée du Sud a jusqu’ici adopté une position très ouverte quant aux investissements étrangers de portefeuille», soulignent les économistes de Natixis. Le won a reculé hier de 0,4 % face au dollar, entraînant dans son sillage le repli de plusieurs devises asiatiques (dollar singapourien, roupie indienne, ringgit malaisien) contre le billet vert.
Les investisseurs internationaux ont placé en actions l’équivalent de 37 milliards d’euros sur les marchés indiens, sud-coréen et taïwanais depuis début 2010, selon Bloomberg. Or un afflux trop important de capitaux peut favoriser la formation d’une bulle financière et provoquer une hausse de l’inflation si l’accumulation des réserves de change déclenche une hausse rapide du crédit. La banque centrale sud-coréenne pourrait ainsi devoir prochainement durcir sa politique monétaire.
Ce contrôle renforcé sur les capitaux étrangers, déjà mis en place au Brésil, devrait faire tache d’huile. Alors qu’elle s’était contentée jusqu’ici d’accumuler des réserves pour soutenir le prix du dollar sur son marché, l’Indonésie a indiqué étudier également une taxation des fonds obligataires pour les non-résidents.
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