L’Asie hors Japon reste ignorée des indices obligataires
Beaucoup d’investisseurs européens s’interrogent sur l’opportunité de diversifier leurs placements obligataires en dehors de l’Europe, compte tenu des rendements extrêmement bas atteints dans les derniers marchés bénéficiant encore d’un AAA, d’une part, et des risques qui pèsent sur les émissions les plus rémunératrices de la zone euro d’autre part.
Ce mouvement de diversification s’est déjà traduit depuis 2009 par des flux significatifs vers les marchés de dette émergente, mais il est paradoxal de constater que les grands indices obligataires internationaux sont encore loin d’intégrer une part significative d’une zone comme l’Asie hors Japon, pourtant appelée à devenir, aux dires de beaucoup d’observateurs, le centre de gravité de l’économie mondiale d’ici 10 ou 20 ans. C’est ainsi que l’indice Citi World Government Bond - représentatif des marchés de dette domestique émise en devise locale et de maturité supérieure ou égale à un an - alloue en tout et pour tout 1% sur les pays d’Asie hors Japon.
Il est vrai qu’un certain nombre des principaux émetteurs de la région sont encore classés dans l’univers émergent (Corée du Sud, Taiwan, Chine, Inde), voire ne font pas encore partie de la catégorie «investment grade» (ce qui est le cas des émissions de l’Indonésie ou des Philippines). Mais la dette asiatique représente déjà près de 8% du stock mondial de dette souveraine et bénéficie d’émetteurs de grande qualité, à l’heure où la dynamique est plutôt négative dans les zones développées. Ces émetteurs risquent donc de représenter, à l’avenir, une redoutable concurrence pour les émissions des Etats endettés de la zone euro, surtout si l’on considère que ces émissions s’appuient souvent sur des devises appelées à se renforcer contre euro et dollar.
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