«L’arsenal déployé par la BCE est un puissant mécanisme pour le crédit»
Emmanuel Schatz, responsable crédit corporate de Natixis Asset Management
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Patrick Aussannaire
- L’Agefi : Quelles sont vos perspectives pour le marché du crédit en 2015 ?
- Emmanuel Schatz : Nous demeurons positifs sur le crédit. L’assouplissement quantitatif actuellement déployé par la BCE couplé à un taux de dépôt négatif est un puissant mécanisme. La baisse des taux des titres d’Etat de la zone euro et celle des rendements monétaires devraient donc se poursuivre. Cela favorisera les actifs de portage comme le crédit. Du point de vue fondamental, la situation est aussi favorable: les bilans des institutions financières continuent de se renforcer pour converger vers les nouvelles normes réglementaires (Bâle 3, Solvency 2). Quant aux non financières, elles sont restées prudentes ces dernières années et elles bénéficient de la reprise économique européenne. Enfin, le crédit reste intrinsèquement attractif: l’indice iTraxx Europe 5 ans cote 57 pb, soit une probabilité de défaut implicite cumulée à 5 ans de 4,9% et un taux de recouvrement de 40%. Cela nous paraît trop pessimiste dans le contexte actuel.
- Quels sont les principaux risques ?
- Tout d’abord, les risques politiques en Europe. La problématique grecque n’est toujours pas résolue. Les élections à venir en Espagne pourraient aussi entraîner de la volatilité si Podemos reste en tête des sondages. S’agissant des entreprises, elles peuvent être tentées de profiter des taux bas pour se «releverager» afin d’augmenter les dividendes, de racheter leurs actions ou pour faire de la croissance externe. Ce phénomène est déjà engagé aux Etats-Unis. En dernier lieu, une possible hausse des taux directeurs de la Fed serait une première depuis 2006. Même si son ampleur est faible, la réaction du marché reste donc incertaine.
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