L’arrivée de Toshiro Muto à la tête de la BoJ a été rejetée
Le candidat du gouvernement pour succéder à l’actuel gouverneur de la banque centrale japonaise n’a pas convaincu l’opposition parlementaire
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Alexandre Boksenbaum
Le principal parti d’opposition, le parti démocrate, n’est toujours pas convaincu par Toshiro Muto pour gouverner la Banque du Japon (BoJ). L’opposition craint que Toshiro Muto ne soit influencé dans la gestion de la politique monétaire par ses années passées au ministère des Finances. Lors de son audition par une commission parlementaire, avec ses deux adjoints, Masaaki Shirakawa et Takatoshi Ito, le favori du gouvernement n’a pas «impressionné» et n’est pas parvenu à «effacer les doutes» du parti démocrate. Ce dernier a donc rejeté ce matin la nomination de Toshiro Muto. La situation pourrait être anecdotique si l’actuelle direction de la banque centrale nippone, dont fait déjà partie Toshiro Muto en tant qu’adjoint, ne quittait ses fonctions le 19 mars prochain. Il est donc urgent de lui trouver une succession qui fasse consensus. Les experts s’inquiètent des conséquences sur l’économie japonaise d’un tel échec, qui «nuirait à la crédibilité du pays».
Toshiro Muto a pourtant affirmé que son passé n’influerait pas et qu’il maintiendrait l’indépendance de la banque centrale. Il s’est en outre engagé à agir «sans aucune hésitation si nécessaire» pour réguler l’économie, alors que les investisseurs continuent de penser que les taux resteront inchangés à 0,5 %. Ses adjoints ont toutefois souligné que le «pire scénario était la stagflation» et qu’ils entendaient «soutenir la croissance et lutter contre l’inflation». Par ailleurs, Toshiro Muto, a déclaré que l'économie japonaise se trouvait à un stade critique et que les risques d’entrée de l'économie mondiale dans une phase descendante vont croissant.
Si la proposition du gouvernement est rejetée, celui-ci pourrait alors décider d’installer un gouverneur par intérim le temps de trouver une solution. Les experts estiment d’ailleurs qu’une telle situation, censée être provisoire, pourrait être très longue. Parmi les solutions possibles, le gouvernement pourrait faire nommer Toshiro Muto comme gouverneur temporaire, ce qui ne nécessite pas l’aval des députés. Il est possible aussi de demander à Masaaki Shirakawa, beaucoup moins controversé, d’assurer ce rôle. Le gouvernement aurait alors la possibilité de présenter un nouveau candidat aux parlementaires... Qui pourrait bien être à nouveau Toshiro Muto, cette option étant d’ailleurs déjà «envisagée». Le gouvernement estime en effet qu’il incarne sa «meilleure proposition».
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