L’arrivée de Sustainalytics à Paris illustre la vigueur de l’analyse ISR en France
Le marché français de l’analyse extra-financière, destinée à l’investissement socialement responsable (ISR), compte un nouvel acteur: le néerlandais Sustainalytics s’implante à Paris. Le groupe, qui suit 150 valeurs françaises, a nommé Antonio Celeste pour couvrir les relations avec les clients établis en France, en Belgique, en Suisse et en Italie. Il a été débauché chez Vigeo, la principale agence dans l’Hexagone.
«La France est l’un des marchés les plus importants au monde pour la qualité de sa recherche et le niveau d’exigence des investisseurs institutionnels», affirme le directeur des relations institutionnelles. La croissance des encours des fonds ISR ne se dément pas, portée notamment par la conversion de véhicules classiques à ces critères. Selon Novethic, les encours des OPCVM ISR distribués en France ont progressé de 42% en 2010, à 48 milliards d’euros. «Chaque grand marché a ses particularités. Les investisseurs français font preuve d’une grande maturité sur le volet social, alors que les Anglo-saxons privilégient les questions de gouvernance et les Allemands sont plus axés sur l’environnement», indique Antonio Celeste.
Alors que le marché était balbutiant au début des années 2000, il est déjà entré en consolidation ces dernières années. La concentration s’est poursuivie en 2010 avec l’acquisition de RiskMetrics par le spécialiste des indices MSCI. Le phénomène a permis l’émergence d’acteurs internationaux, voire mondiaux. Sustainalytics en est un exemple. Issue du réseau Siri Company, dissout en 2008, l’agence est née de la fusion du néerlandais DSR, de l’allemand Scoris et de l’espagnol AIS. Elle fusionne en 2009 avec le canadien Jantzi Research.
La concentration du marché est dictée par la nécessité d’atteindre une taille suffisante pour être rentable. «L’analyse ISR est devenue un marché mondial, qui requiert une recherche internationale. Aujourd’hui, les clients réclament la couverture des pays émergents, des valeurs moyennes, de l’obligataire…», explique Antonio Celeste. En dix ans, le secteur a surfé sur les crises (internet puis financière), les scandales (Enron…) et les catastrophes (Deepwater dans le Golfe du Mexique…). Selon ses partisans, l’ISR améliore la gestion des risques des portefeuilles, donc leur performance. Ils citent l’exemple de Tepco, l’exploitant de la centrale nucléaire de Fukushima, dont les sous-investissements avaient été pointés du doigt par l’analyse ISR.
Plus d'articles du même thème
-
Les taux élevés menacent les actions
La fièvre récente sur les emprunts d'Etat est de nature à rebattre les cartes des allocations. Les marchés taux et des actions offrent des perspectives différentes, mais la hausse des rendements obligataires rend les places boursières, bien valorisées et stimulées par l'IA, plus vulnérables. -
La Société Générale écope d’une amende de 20 millions d'euros pour défaut de conseil en assurance et vente systématique
La banque rouge et noire se fait taper sur les doigts par l’Autorité de contrôle pour avoir systématiquement inclus «Mon assurance au quotidien», un contrat collectif dommages, dans son offre groupée de services bancaires, Sobrio. -
Jean-Jacques Barbéris va rejoindre la direction de Caceis
Jean-Jacques Barbéris aura passé presque 10 ans au sein d'Amundi où il a entre autres dirigé le pôle dédié aux clients institutionnels et entreprises et supervisé les sujets liés à la gestion extra-financière (ESG) au niveau groupe. -
Le fondateur de BPEA Jean Salata prend la présidence d'EQT
Prévu de longue date, le passage de flambeau entre le fondateur Conni Jonsson et le patron d'EQT pour l'Asie, Jean Eric Salata, à la présidence du conseil d'administration a été validée lors de l'assemblée générale. Le patron de Schneider Electric fait par ailleurs son entrée au conseil. -
Amundi restructure son organisation autour de cinq pôles
Fannie Wurtz prend la direction du pôle clients du gestionnaire d'actifs du Crédit Agricole tandis que Vincent Mortier supervisera le pôle investissements. -
Derrière l’engouement pour le PER, une attractivité à relativiser
Bercy annonce 12,9 millions de PER détenus fin 2025. Un chiffre qui confirme la prise de conscience de la nécessité de préparer sa retraite, mais qui interpelle au regard du faible nombre de Français pour qui ce produit a réellement du sens sur le plan fiscal.
ETF à la Une
State Street IM et Ninety One s'associent pour lancer des ETF actifs
- Le directeur général d’Amundi Technology part prendre les rênes d’Aztec
- Indosuez Wealth Management se lance à son tour sur le segment des ETF
- State Street IM et Ninety One s'associent pour lancer des ETF actifs
- Axel Plichon (Eleva) : «Nous voulons renforcer notre maillage européen»
- Emergence accueille cinq nouveaux investisseurs institutionnels
Contenu de nos partenaires
-
EXCLUSIF Bananes flambéesA la Maison Saint-Martin, Jadot, Vallaud et Glucksmann savourent la fin de la primaire
Depuis la première édition de ces dîners en comité restreint, révélé par l’Opinion en février dernier, les rencontres se multiplient pour faire émerger un candidat commun hors LFI, sans passer par la case primaire de gauche -
Polémique anti-Bolloré : à quel point le cinéma français dépend-il de Canal + ?
A la suite d'une tribune anti-Bolloré, Maxime Saada menace de cesser toute collaboration avec les 600 professionnels du cinéma qui l'ont signée. Une déclaration qui interroge : l'industrie pourrait-elle se passer de Canal + ? -
FractureRoyaume-Uni : le travailliste Andy Burnham face aux démons du Brexit
Alors que les travaillistes esquissent un rapprochement avec l’UE, Andy Burnham est en campagne dans un territoire qui a largement voté pour le Brexit. Cette élection partielle illustre la nouvelle fracture de la politique britannique