L’Argentine est toute proche d’un deuxième défaut en treize ans
Jour J pour Buenos Aires. La période de grâce de trente jours accordée à l’Argentine le 30 juin dernier après que le pays a manqué un paiement de coupon sur ses obligations prend fin aujourd’hui. Alors que les représentants du gouvernement ont rencontré hier à New York le médiateur américain Daniel Pollack, les chances de parvenir à un accord avec les deux fonds vautours – NML, filiale d’Elliott, et Aurelius – qui réclament le remboursement au pair de leurs créances semblaient encore minces en soirée.
L’Argentine se retrouve ainsi au bord du défaut, treize ans après celui de 2001, qui l’a coupée depuis des marchés de capitaux internationaux. Même si les conséquences d’une nouvelle faillite sont jugées dévastatrices pour l’économie, déjà en récession, la présidente Cristina Kirchner a adopté pour l’instant une ligne jusqu’au-boutiste.
Les investisseurs, eux, ne font pas le même pari, à en juger par les niveaux auxquels traitent les emprunts d’Etat argentins restructurés en 2005 et 2010. Plusieurs ont même accru leurs positions ces dernières semaines, pariant sur un accord de dernière minute. C’est le cas d’un fonds mondial de Highland Capital Management, qui détient près de 96 millions de dollars d’obligations. Parmi les autres créanciers importants se trouvent des fonds de dette émergente de Goldman Sachs et de Fidelity, selon les statistiques de Morningstar.
Les discussions ont pour l’instant achoppé sur l’existence d’une clause dite Rufo (rights upon future offers) qui figure dans la documentation des emprunts d’Etat émis en 2005 et 2010. Celle-ci interdit à l’Argentine de rembourser les «holdouts», les quelque 7% de créanciers qui n’ont pas accepté la restructuration, à de meilleures conditions que celles offertes aux autres porteurs de dette. Condamné par le juge américain Thomas Griesa à rembourser Elliott et Aurelius à hauteur de 1,5 milliard de dollars avant de pouvoir honorer les autres échéances de sa dette, le pays estime qu’il enfreindrait dans ce cas la clause Rufo. Si tous les créanciers, «holdouts» ou non, exigeaient d’être remboursés dans les mêmes conditions que les deux hedge funds, il en coûterait 120 milliards de dollars, estime le gouvernement argentin.
La solution pourrait être de contourner la clause, en trouvant un accord pour la laisser expirer en décembre, ou pour que les créanciers renoncent à la faire jouer.
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