L’Argentine bénéficie de précieux soutiens face aux fonds vautours
L’Argentine peut compter sur ses amis dans les temps difficiles. Le Brésil, le Mexique, mais également la France et le prix Nobel d’économie Joseph Stiglitz ont ainsi adressé lundi des «amicus curiae» à la Cour Suprême des Etats-Unis pour soutenir le pays. Condamné par la justice américaine, Buenos Aires refuse de verser 1,33 milliard de dollars aux hedge funds (dont NML Capital) ayant décidé de ne pas prendre part à deux offres de restructuration de dette après le défaut subi en 2001 qui imposait une perte de 70% aux créanciers.
Suite à la décision de justice prise en septembre dernier, Joseph Stiglitz s’était inquiété de ses conséquences désastreuses sur les marchés internationaux des dettes souveraines: «au minimum, cela rend non viable l’ensemble des restructurations de dette sous les contrats standards». De son côté, le Mexique estime que le jugement «a donné aux créanciers privés le pouvoir de mettre en danger l’économie d’une nation souveraine», alors que Paris s’inquiète de ses «conséquences adverses» sur la capacité d’un pays à mettre en place des restructurations de dette ordonnées.
Le gouvernement argentin espère ainsi que la Cour suprême ait recours à un arbitrage auprès d’un représentant de l’Etat américain, ce qui lui donnerait quelques mois de répit, alors que les négociations avec le Club de Paris s’ouvriront fin mai et pourraient déboucher sur un accord de remboursement d’un montant de 10 milliards de dollars.
Le pays espère pourtant un retour sur les marchés avant la fin de l’année. Les réserves sont restées stables depuis la dévaluation du peso en janvier, et la vente des récoltes de soja au deuxième trimestre devrait aider à maintenir leur niveau. «Cependant, l’accès aux marchés financiers ne suffira pas à résoudre les difficultés économiques du pays, mais seulement à contourner les problèmes de façon provisoire», estime le Crédit Agricole.
Moody’s a ainsi dégradé la note souveraine argentine à Caa1, estimant que la diminution rapide des réserves en 2013 met en cause la capacité du pays à honorer le service de sa dette. Parallèlement, les dépenses publiques ont flambé de 45% sur un an en janvier pour atteindre 72,4 milliards de dollars. Or, la monétisation du déficit par la banque centrale a contribué à la chute des réserves de change et au niveau élevé d’inflation, sous-estimé par les chiffres officiels et qui pourrait dépasser les 30%.
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