L’arbitrage traditionnel entre actions et obligations semble être cassé
La recherche d’explications à la correction récente des marchés conduit les économistes à mettre en avant la corrélation croissante entre l'évolution des obligations d’Etat et les actions. La corrélation à 60 jours entre la variation de l’Euro Stoxx 50 et l’indice Bloomberg des obligations d’Etat de la zone euro a ainsi atteint 0,5 mardi. Il s’agit de son plus haut niveau depuis septembre 2013, alors qu’il n’était que de 0,1 le 9 mars au moment du lancement du programme de rachats de titres publics de la BCE. Depuis le 20 avril, l’Euro Stoxx a corrigé de 3%, alors que le rendement du Bund allemand à 10 ans s’est tendu de 55 points de base (pb).
Ce mouvement de ventes conjointes sur les deux marchés casse ainsi l’arbitrage habituel qui s’opère entre les deux classes d’actifs. Natixis ajoute que «le Bund ne réagit plus aux nouvelles évolutions de la situation en Grèce et les obligations core ne jouent plus leur rôle de valeurs refuges ou sont au moins clairement entrées dans un régime exceptionnel de corrélations avec les actions». Cette situation dure néanmoins déjà depuis plusieurs années sur les marchés périphériques et revêt ainsi un caractère plus structurel. Le spread des taux italiens, espagnols et portugais à 10 ans s’est resserré d’environ 25 pb contre le Bund depuis mi-avril.
«Un environnement de hausse des rendements n’est pas nécessairement défavorable aux actions tant qu’il reflète des conditions économiques solides. La cassure de la corrélation naturelle entre actions et rendements d’Etat intervient généralement en période d’incertitude sur les perspectives de politiques monétaires», précise Natixis. Or, le mouvement de reflation en zone euro dû au rebond des prix du pétrole et aux effets des mesures prises par la BCE, ainsi que la persistance de l’incertitude entourant le moment qui sera choisi par la Fed pour amorcer son processus de resserrement monétaire, constituent le centre d’attention des investisseurs.
Le rendement des Treasuries à 10 ans s’est d’ailleurs également tendu de 36 pb depuis mi-avril, avec une repentification parallèle de la courbe américaine d’environ 30 pb sur le segment 2-10 ans. «Compte tenu de la forte dépendance des prochaines décisions de la Fed au contexte économique et du potentiel de hausse qui existe toujours sur le taux 10 ans américain, le changement actuel de régime pourrait se prolonger encore pendant plusieurs semaines», estime Natixis.
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