« L’arbitrage entre dettes bancaires et souveraines est intéressant »
Frédéric Penel, responsable de la gestion taux de CCR AM
Publié le
Violaine Le Gall
L’Agefi: Le marché primaire du crédit sera-t-il aussi intéressant cette année que l’an dernier ?
Frédéric Penel: En termes de performance, il est très facile de répondre par la négative. Le rally de 2009 a effacé l’écartement des spreads enregistré durant les deux trimestres qui ont suivi la faillite de Lehman. Le potentiel de resserrement est maintenant bien moindre. En termes de volumes, la vision est moins nette. D’une part, les corporates devraient avoir moins de besoins après une année 2009 record en émissions, un désendettement largement avancé et une situation économique qui ne justifiera sans doute que peu d’investissements. D’autre part, les institutions financières, qui savent que les mesures de soutien (émissions garanties ou opérations de refinancement à un an et six mois de la BCE) disparaîtront progressivement, chercheront à profiter d’une liquidité qui cherche à s’employer et qui se veut encore très prudente vis-à-vis des actions. Ce mouvement d’émissions bancaires s’amorce d’ailleurs franchement.
Dans ce contexte, quelle est votre stratégie?
Le potentiel de resserrement pour la première partie de l’année nous paraît réel mais plus incertain au-delà. Aussi chercherons-nous à privilégier la liquidité des positions, surtout directionnelles. Le thème des arbitrages dettes bancaires contre dettes souveraines nous paraît intéressant également, dans l’optique d’une pression accrue sur ces dernières. Enfin, nous apprécions les flotteurs dans un contexte de pentification qui pourrait se poursuivre. Sous l’angle sectoriel, nous restons très prudents vis-à-vis de l’automobile, moins vis-à-vis de la construction, par exemple.
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