L’Arabie Saoudite joue au pompier sur un marché du pétrole en proie à l'échauffement
Premier exportateur mondial de brut, l’Arabie Saoudite use de son influence pour tenter de rassurer le marché pétrolier. Après le cabinet du Roi lundi, c'était au tour du ministre du pétrole hier de délivrer un message rassurant. «Je vous assure qu’il n’y a pas de pénurie de l’offre sur le marché. L’Opep lui fournit ce dont il a besoin. Nous avons des capacités, des réserves additionnelles de 2,5 millions de barils par jour (mbj)», a martelé Ali al-Naimi au Qatar.
Le Royaume, qui a décidé de porter sa production à 9,9 mbj en mars et en avril, pourrait «si besoin» la porter sans tarder à 12,5 mbj. Auditionné devant la Commission des services financiers de la Chambre des Représentants, le secrétaire américain au Trésor Timothy Geithner a qualifié l’initiative saoudienne de «signal très constructif». Le marché a pris bonne note de cet engagement à ramener les prix du brut à des niveaux «adéquats». Le baril de light sweet crude (WTI) pour livraison en avril a cédé 2,48 dollars comparé à la clôture de lundi à 105,61 dollars sur le Nymex.
Les opérateurs s’inquiètent des tensions géopolitiques alors que l’Iran a menacé de fermer le détroit d’Ormuz, point d’accès au Golfe Persique par lequel transite un cinquième du pétrole mondial. Une menace qui fait sourire Ali al-Naimi. «Si vous pensez que le détroit d’Ormuz sera fermé, alors je peux vous vendre l’Empire State Building ou les pyramides d’Egypte», a-t-il ironisé. Selon l’Agence internationale de l'énergie, les exportations de brut iranien pourraient être réduites d’un tiers à partir de la mi-mai, soit dans une fourchette évaluée entre 0,8 et 1 mbj.
D’autres facteurs sont également venus relâcher la pression sur les cours. D’après la compagnie nationale libyenne NOC, le pays devrait exporter quelque 1,4 mbj le mois prochain, soit un niveau plus élevé que celui observé avant la guerre civile. Et aux Etats-Unis, le marché s’attend à ce que l’administration fasse état aujourd’hui d’une hausse des stocks de pétrole. Autant d'éléments qui, additionnés aux rumeurs sur une éventuelle initiative anglo-américaine de libération des réserves d’urgence, viennent calmer les esprits, alors que Pékin a décidé d’appliquer une nouvelle hausse des prix de l’essence.
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