L’AMF rappelle l’urgence d’une régulation mondiale du marché des matières premières
«Il y a un besoin de régulation mondiale du marché des matières premières. C’est aujourd’hui le problème qui pèse le plus sur le pouvoir d’achat des concitoyens et qui nourrit la divergence de pouvoir d’achat entre pays pauvres et riches.» C’est ce qu’a déclaré vendredi Jean-Pierre Jouyet, président de l’AMF, lors du Colloque 2011 du conseil scientifique de l’autorité organisé avec la Commission de régulation de l'énergie (CRE). La réglementation était au cœur de l’agenda.
Qualifiant de «structurelle» la hausse de la volatilité des prix des matières premières, Olivier Guersent, chef de cabinet du commissaire européen Michel Barnier, l’explique aussi par «le développement des marchés à terme, plus rapide que l’évolution du volume physique sous-jacent». D’ailleurs, d’après Frédéric Baule, general manager au sein des services de gestion du risque chez Total Oil Trading, le secteur a subi un changement structurel avec la montée en puissance du trading algorithmique et électronique. «Selon les chiffres de décembre 2010 d’ ICE, 70% du volume journalier a été effectué par des «robots»», note-t-il. Il s’interroge sur la pertinence d’une approche basée sur les stocks pour les matières premières agricoles. A contrario, Michel Portier, expert en gestion des risques chez Agritel, appelle à ce que les décisions des investisseurs reposent sur les fondamentaux.
Dans tous les cas, Olivier Guersent et Jean-Pierre Jouyet ont pointé l’absence de réglementation. Le premier fait le constat de l’hétérogénéité de la transparence sur les différents segments et remarque qu’«il y a un intérêt à l’existence d’un marché à terme bien organisé qui fasse le lien entre actifs physiques et financiers». A l’instar de ce que fait déjà la CFTC, Fadhel Lakhoua, directeur des affaires financières et de la surveillance des marchés de gros à la CRE, considère la transparence sur les fondamentaux et les données transactionnelles par acteurs (traders algorithmiques, couverture...) vers les régulateurs et le public comme un prérequis.
En termes d’abus de marché, le président de l’AMF rappelle l’importance d’avoir des informations sur les transactions pour étudier le comportement des intervenants. Il souhaite surtout qu’il y ait un système de régulation européen à mi-chemin entre le régime de la PAC et le système libéral d’aujourd’hui et qu’il soit «adapté aux différentes filières».
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