L’AMF met en garde contre un renforcement des risques financiers

Dans sa cartographie annuelle, elle s’inquiète des conséquences de la crise souveraine et du développement de la finance parallèle
Solenn Poullennec

En dépit de l’avalanche de réformes financières engagées depuis la crise en 2007, l’Autorité des marchés financiers ne compte pas relâcher sa vigilance. Dans sa cartographie 2012 des risques et des tendances sur les marchés financiers et pour l’épargne, le régulateur estime que la stabilité financière, le financement de l’économie et les investisseurs sont menacés et que les tendances identifiées en 2011 se «confirment et se renforcent».

L’AMF se dit d’abord soucieuse de la qualité des informations et des évaluations fournies par les sociétés au marché. «Les montants de goodwills au sein des entreprises françaises sont restés globalement élevés alors que la conjoncture économique et financière se dégrade depuis plusieurs années», souligne le rapport. D’où les recommandations publiées à la fin de l’année 2011 à ce sujet.

Le régulateur s’inquiète aussi du financement de l’économie, notamment des PME, confrontées à la volatilité des marchés et au mouvement de réduction du bilan des banques européennes (deleveraging). Ce contexte favorise le développement de la finance parallèle (shadow banking). L’AMF suivra de près les développements et l’encadrement de ces nouvelles activités.

Les travaux sur la finance parallèle couvrent notamment la titrisation. Le régulateur regrette que cette technique indispensable au financement des banques peine à redémarrer. «Les discussions sur le cadre de consolidation des véhicules de titrisation sont déterminantes pour assurer la visibilité de ces activités et le maintien d’un cadre d’incitations efficaces», écrit-il.

L’AMF met aussi en garde contre les besoins accrus de collatéral, conséquence logique des régulations en cours de mise en œuvre. A ses yeux, certaines pratiques d’optimisation du collatéral (swap de collatéral ou interopérabilité entre participants de marchés) sont risquées et créent de l’opacité. ll faudrait que les actifs apportés en collatéral soient bien valorisés et que les risques liés au prêt-emprunt de titres (notamment des ETF) soient encadrés.

Alors que la directive MIF doit être adoptée au parlement européen à l’automne, l’AMF se préoccupe de la fragmentation des marchés et de l’importance du gré à gré. Enfin, elle est vigilante face à la commercialisation des produits financiers alors que les institutions pourraient être incitées à revoir leurs objectifs de ventes et les épargnants chercher de nouveaux produits.

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