L’AMF estime le seuil d’alerte atteint sur le marché des CDS souverains

L’Autorité pense qu’au-delà du seuil de 200 pb, dépassé par la France en septembre 2011, spreads obligataires et CDS évoluent conjointement
Patrick Aussannaire

Il existe un seuil d’alerte sur les CDS souverains, dépassé par la France depuis l’automne 2011. Tel est le constat établi par l’Autorité des marchés financiers (AMF) dans un rapport sur le marché des credit default swaps, nourri d’entretiens avec des intervenants sur ces marchés. L’AMF indique ainsi qu’il semble exister une dichotomie entre d’une part les souverains tels que l’Allemagne et les Etats-Unis, pour lesquels les évolutions récentes des marchés de CDS n’ont eu aucun impact sur les coûts de financement, et d’autre part ceux dont les obligations perdent leur fonction de valeur refuge. Chez ces derniers, un lien apparaît entre le niveau des CDS et celui du rendement des obligations d’Etat.

Il semble ainsi exister un seuil critique d’alerte de 200 points de base (pb) sur le niveau des spreads à partir duquel s’enclenche un cercle vicieux entraînant une hausse des coûts de financement.

«Tant que les niveaux de spreads restent peu élevés, les corrélations entre marché des CDS et des obligations sont faibles: tant que le risque de défaut semble contenu, les obligations jouent leur rôle de valeur refuge» indique ainsi le rapport. Au-delà des 200 pb, «les obligations perdent leur fonction de valeur refuge, une corrélation apparaît». Et l’AMF de préciser que «la France paraît s’inscrire dans cette configuration depuis l’automne 2011». Le seuil de 200 pb a été franchi par la France le 22 septembre 2011, date à laquelle les corrélations ont atteint leur paroxysme.

Le rapport met également le doigt sur des dysfonctionnements inhérents au marché des CDS qui jouent le rôle d’amplificateurs de tendance. En cause, le coût élevé et les risques des arbitrages entre CDS et obligations. Mais également le manque de transparence et la concentration du marché.

L’AMF estime que sur le CDS France, 80% des contrats ont pour contrepartie un des cinq principaux participants et 97% des contrats l’un des dix principaux.

Enfin, contrairement aux marchés obligataires souverains, très profonds, soutenus par les opérateurs locaux et servant de couverture contre les risques de taux pour les banques, les marchés de CDS sont beaucoup plus restreints. Sur la France, les montants nominaux nets représentent 2% de la dette, et sur la Grèce, ce ratio n’a jamais dépassé 10%.

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