L’AMF épingle la gestion des fonds à formule de Natixis AM
L’enquête lancée en début d’année par l’AMF concernant la gestion de certains fonds à formule de Natixis AM fournit ses premiers éléments. Selon les informations du quotidien Les Echos, qui s’est procuré une note d'étape interne datée du 10 juin, la mission de contrôle du gendarme boursier reprocherait au gérant d’actifs «plusieurs manquements», dont des «dépassements de frais et la mauvaise information des porteurs».
Partie d’une alerte, à l'été dernier, de Credit Suisse à Natixis, comme le révélait Mediapart en avril, l’enquête de l’AMF se focalise sur des «coussins» constitués au sein de ces fonds structurés, qui permettent aux investisseurs d’engranger une partie de l'éventuelle hausse des marchés actions tout en protégeant leur capital. Ces coussins, qui n’ont rien d’illégal, sont composés au fil de l’eau durant la vie du fonds, qui peut atteindre huit ans, afin de faire face à des risques réglementaires ou fiscaux.
Problème, leur constitution oppose Natixis AM et l’AMF. Le gendarme y voit un surplus de frais, lors de leur prélèvement à l’échéance du fonds, tandis que la comptabilisation utilisée pour les générer «diminue la richesse du fonds». «Pour le fonds Robusta 3, le taux global de frais (après intégration du coussin) s’élevait à 2,26% en 2013 et 2,23% en 2014, pour une limite affichée dans le prospectus à 2%, ce qui représente un surplus de frais de 1,3 million d’euros», cite en exemple la mission de contrôle. Les coussins totalisaient 68 millions d’euros à fin décembre, pour 8,7 milliards d’encours.
De son côté, Natixis AM rétorque que ce coussin «fait partie [de ses] revenus et est laissé dans le fonds jusqu’à l’échéance». Le gérant explique laisser «une partie des frais de gestion dans le fonds pour faire face aux aléas», ajoutant que «si ces risques ne se matérialisent pas» ce coussin «est son dû». Ce à quoi l’AMF répond que les porteurs non pas été informés, «ce qui constitue un élément aggravant du manquement constaté».
L’AMF souligne par ailleurs un problème de conflit d’intérêts lié au rôle de BPCE dans la structuration des fonds, la maison-mère du gérant fournissant une garantie facturée 0,15% factice en raison de sa nature intra-groupe. Ces griefs ne préjugent en rien des manquements qui pourraient être reprochés à Natixis AM dans le cadre d’un éventuel passage devant la Commission des sanctions, rappelle Les Echos.
Plus d'articles du même thème
-
L’économie américaine est suspendue aux élections de mi-mandat
Alors que Donald Trump fait face à une impopularité record sur fond de pouvoir d’achat miné par l’inflation et la guerre en Iran, les élections de mi-mandat du 3 novembre menacent de faire basculer le Congrès. -
La fièvre des matières premières ne faiblit pas
Le récent repli des matières premières, en raison des tensions sur les taux et la hausse du dollar, ne les empêche pas d’afficher une performance historique cette année, à des plus hauts depuis le super cycle de 2000. -
Les dettes bancaires souffrent du «sell-off» obligataire sur la France
Le risque de crédit des banques françaises a bondi au-delà de celui de leurs principaux homologues européens, mais les dettes bancaires subordonnées AT1 ont souffert aussi plus globalement de la hausse des taux. -
Paris et Berlin demandent à l’Europe d’agir vite contre la concurrence déloyale
Les deux pays réclament l’activation en urgence des mesures de sauvegarde pour rétablir une concurrence normale, et espèrent entraîner d’autres pays de l’Union, afin de sauver des secteurs industriels en crise. Les derniers chiffres sont inquiétants. -
Paramount boucle sa méga-fusion avec Warner Bros
La fusion, officialisée mardi 6 octobre, donne naissance au géant hollywoodien Skydance. Celui-ci ploie sous une dette d'environ 80 milliards de dollars, et vise un objectif d'économies de 6 milliards de dollars. -
La Cour des comptes préconise un recentrage des participations de la CDC
La Cour des comptes recommande une revue approfondie du portefeuille de participations stratégiques de la Caisse des dépôts. Son directeur général et le président de sa commission de surveillance mettent en garde, dans leurs réponses, contre un redimensionnement.
ETF à la Une
Le marché européen des ETF engrange 127 milliards d’euros au troisième trimestre 2026
- Fidelity International veut être le «partenaire retraite» des Européens
- Pascale Auclair et Julien Granotier rejoignent la Commission des sanctions de l’AMF
- Didier Deleage prend les rênes de la Direction de la gestion d'actifs de l'AMF
- NYLIM prend une participation majoritaire dans un spécialiste du crédit résidentiel
- L’AMF retire son agrément de société de gestion à la foncière cotée Eurasia
Contenu de nos partenaires
-
EditorialLa souveraineté, comme un cabri
Jeannette zu Fürstenberg, présidente de General Catalyst, cite le Général à propos de ce qu'elle préfère appeler l'autonomie stratégique : « Je ne suis pas anti-américain, je suis simplement anti-dépendance » -
Entre deux chaisesLes souverainistes de retour à la tête d'un Québec plus anti-indépendance que jamais
Les souverainistes du Parti québécois ont remporté les élections législatives dans la province lundi. Ils promettent un référendum pour se séparer du Canada, au moment où l'indépendance n'a jamais été aussi impopulaire dans les sondages -
Budget : en quête de crédibilité, Marine Le Pen ne renonce pas à la radicalité
140 milliards d’euros d’économies, une règle d’or, des marchés à rassurer : le RN promet une mue gestionnaire en vue de 2027. Mais derrière la peinture budgétaire, les marqueurs radicaux demeurent, sur fond d’affaire Bardella qui hante encore le parti