L’AMF craint les effets d’une taxe «Tobin» limitée à la France

Jean-Pierre Jouyet juge une taxe sur les transactions financières bonne dans son principe si elle est mise en place au niveau de la zone euro
Bruno de Roulhac

Une taxe sur les transactions financières «est bonne dans son principe mais, [si elle ne frappe] que les opérations susceptibles d’être appréhendées sur la Place de Paris, [elle] nous conduirait non seulement à nous affaiblir, mais aussi à pénaliser notre industrie de la gestion, et à travers elle, les épargnants et investisseurs dont notre économie a tant besoin», a déclaré le président de l’Autorité des marchés financiers (AMF), Jean-Pierre Jouyet, à l’occasion de ses vœux à la presse.

«Soit on met en place un impôt de Bourse, c’est l’épargnant, l’entreprise ou l’émetteur qui paye, mais pas le monde financier, poursuit Jean-Pierre Jouyet. Soit on appréhende d’autres types d’activités plus complexes (comme le trading haute fréquence), qui seront délocalisées à Londres ou à Francfort. Aussi, il faut essayer de mettre en place un système en zone euro, avec l’instauration d’une ‘exit tax’ pour éviter toute délocalisation vers la City. Mais au sein de l’Union européenne, j’ai beaucoup de doutes que cela se fasse» en raison de l’opposition du Royaume-Uni. On pourrait aussi envisager de taxer la Grande-Bretagne, au titre de sa contribution nouvelle au budget européen, a évoqué le président de l’AMF.

Jean-Pierre Jouyet semble ainsi marquer ses distances avec François Hollande… D’ailleurs, il n’est pas près de quitter son poste. «Tant que l’AMF sera une autorité indépendante, je resterai à sa tête», a déclaré Jean-Pierre Jouyet.

Signe de sa liberté de parole, alors que la direction européenne de la concurrence considère que le projet de fusion de Nyse Euronext et de Deustche Börse déboucherait sur un monopole du marché des dérivés en Europe, «il y a autant de concentration dans certaines banques d’investissement sur les marchés de gré à gré, estime Jean-Pierre Jouyet. Une vision politique n’est pas normale. Il faut aller sur d’autres marchés voir la concentration».

Pour l’AMF, 2012 sera aussi l’année de la création de l’Observatoire de l’épargne. Le régulateur planchera aussi sur la préparation de la directive OPCVM 5 et sur la transposition de la directive AIFM. Dans ce cadre, un groupe de travail de l’AMF, piloté par Monique Cohen et Jean-Luc Enguéhard, rendra ses conclusions sur l’avenir de la gestion alternative en France avant la fin du semestre. Le groupe de travail présidé par Olivier Poupart-Lafarge, présentera dans dix jours ses recommandations pour améliorer le fonctionnement des assemblées générales.

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