«L’ambition du G20 d’apporter plus de transparence n’est pas pleinement atteinte»

Un an après l’instauration du reporting obligatoire pour les utilisateurs de dérivés européens, L’Agefi fait un bilan avec Larry Thompson, vice-président de DTCC.
Solenn Poullennec

- L’Agefi : Dans quelle mesure les nouvelles obligations de publication pour les dérivés apportent-elles plus de transparence ?

- Larry Thompson : L’ambition du G20, qui voulait offrir plus de transparence sur les marches dérivés, n’a pas encore été pleinement atteinte. Cela s’explique surtout par le fait que le mandat du G20 a été mis en œuvre par des régulateurs nationaux qui se sont concentrés sur leur propre marché. Les régulateurs ne peuvent pas avoir de vue globale sur l’activité des marchés dérivés pour une contrepartie en particulier en raison de problématiques locales. Aux Etats-Unis, une clause du Dodd-Frank Act, la clause d’indemnisation, prévoit que si vous êtes un régulateur étranger et que vous voulez accéder à une information dans un registre central de données basé aux Etats-Unis, vous devez non seulement indemniser celui-ci pour tous les procès qui pourraient intervenir si l’information est fournie, mais aussi le régulateur américain du registre.

- Au-delà des problèmes d’accès aux données, quelle en est la qualité ?

- Il y a un problème de qualité des données car les régulateurs ont cherché à changer les choses le plus rapidement possible. Les Etats-Unis ont des exigences et des standards de publication de données qui sont différents de ceux imposés en Europe. Aux Etats-Unis, seulement une contrepartie doit publier ses données tandis que ce sont les deux contreparties en Europe qui doivent le faire. En Europe, il y a un nombre moins important d’éléments à fournir mais pour chacun il peut y avoir des interprétations différentes. Agréger les données à travers toutes les juridictions pour avoir une vue d’ensemble va être très difficile pour les régulateurs.

- Que proposez-vous en tant que registre central de données?

- DTCC s’est lancé dans un processus de standardisation il y a environ un an. Nous sommes en train de travailler avec la CFTC et l’Esma [les régulateurs américain et européen des marchés]. Les régulateurs ont une bonne vision du marché des CDS au niveau mondial grâce à notre registre de données (Trade Information Warehouse). Pour les autres classes d’actifs, cela va être beaucoup plus compliqué d’arriver à une transparence complète. Le processus d’harmonisation ne devrait pas être achevé dans un futur proche. Notamment parce que des lois qui ont déjà été appliquées dans les différentes juridictions risquent de devoir changer.

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