« L’allocation géographique reprend ses droits »
L’Agefi : Quels éléments vous permettent d’anticiper un rebond de plus de 15 % des bourses à un an ?
Philippe Percheron: Sans être démesurément optimiste, on peut être plus confiant. Les marchés ont reçu, en partie, les réponses aux questions qu’ils se posaient avant l’été. La dette et les finances publiques ne sont plus au cœur de leurs préoccupations. Seule la macroéconomie pose problème. Les analystes ont intégré, dans leurs prévisions de résultats 2011, le scénario d’une croissance molle des économies occidentales, bridée par le désendettement des consommateurs et l’assainissement des finances publiques. Oublié donc l’optimisme de juin, pour revenir à des rythmes plus en phase avec l’activité réelle de +10% à +15%, réduisant par ailleurs les risques de déception en cas d’affaiblissement plus prononcé des économies. Par ailleurs la liquidité est toujours là, en attente d’opportunités pour investir sur des actifs risqués dont les valorisations demeurent encore attractives.
Anticipez-vous une décorrélation entre les marchés ?
On l’a déjà vu en 2010, l’allocation géographique reprend ses droits et pas seulement pour des raisons d’évolution de devises. Clairement, l’investisseur cherchant de la croissance devra aller investir sur les sociétés des pays émergents. Mais, même au sein de l’Europe, on doit s’attendre à voir surgir des discriminations plus prononcées entre les économies vertueuses et celles non vertueuses, entre les économies fortement exportatrices de biens industriels vers les pays émergents comme les pays scandinaves ou l’Allemagne, et les pays du sud plus tournés vers les services.
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