Après les déclarations du nouveau ministre allemand de l’Economie, le libéral Philipp Rösler qui avait évoqué publiquement dimanche une défaillance de la Grèce, la chancelière Angela Merkel a tenté de calmer les esprits hier. Elle a rappelé son hostilité à une sortie de la Grèce de la zone euro. «J’ai dit très clairement que tout doit être fait pour maintenir la zone euro politiquement intacte», a-t-elle dit. Elle a aussi rappelé que l’Europe travaille «avec tous les moyens» pour éviter que la Grèce ne fasse faillite. La chancelière s’entretiendra par ailleurs aujourd’hui au téléphone avec Nicolas Sarkozy et le Premier ministre grec Georges Papandréou.
Cependant, Angela Merkel n’a pas explicitement exclu l'éventualité d’un défaut, se bornant à dire que «la priorité absolue est d’éviter un défaut de paiement incontrôlé, parce que cela ne toucherait pas seulement la Grèce, et parce que le risque que cela nous affecte tous, ou du moins beaucoup d’autres pays, est très élevé».
La chancelière a surtout été contrariée par le fait que Philipp Rösler brise publiquement le tabou. «Je pense que nous rendons un grand service à la Grèce si nous spéculons le moins possible mais l’encourageons à respecter ses engagements», a souligné Angela Merkel. Mais son ministre s’est aussi exprimé en tant que président du parti libéral, dont un nombre grandissant de députés menacent de voter contre l’extension du fonds de secours européen lors du vote au Bundestag à la fin de ce mois.
Samedi, le magazine Der Spiegel indiquait que le ministre des Finances allemand étudiait l’impact potentiel d’un défaut de la Grèce sur les banques et l'économie allemande. Dans les milieux patronaux d’outre-Rhin l'éventualité d’une défaillance de la Grèce semble également gagner du terrain. Le directeur général de la fédération allemande de l’industrie (BDI), Markus Kerber a volé au secours hier de Philipp Rösler, déclarant que «la réflexion du ministre de l’Economie concernant l’avenir de la Grèce est compréhensible». Un avis partagé par Ottmar Issing, l’ancien chef économiste de la BCE et conseiller d’Angela Merkel qui se prononce pour une «profonde restructuration» de la dette grecque.
Cette position reflète également celle de l’opinion publique allemande qui réclame une mise en faillite de la Grèce parallèlement à une sortie de ce pays de la zone euro, et s’oppose à 93% à des euro-obligations, selon un sondage en ligne.
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