L’Allemagne réduit de près de 10 % son programme d'émission de dette

La Finanzagentur prévoit de lever 250 milliards d’euros hors titres indexés, dont 170 milliards à moyen long terme
Alexandre Garabedian
Les Actifs du Patrimoine 2017 - 5

Berlin peut encore continuer à jouer les bons élèves de la zone euro. L’Allemagne va réduire d’environ 10% ses émissions de dette l’an prochain, à 250 milliards hors obligations indexées, contre 275 milliards placés en 2011, selon le programme de financement publié hier par la Finanzagentur. S’y ajouteront entre 8 et 12 milliards de titres indexés sur l’inflation, après les 8 milliards vendus cette année.

A moyen et long terme, les besoins du pays sont quasiment équivalents à ceux de la France. L’Allemagne prévoit de lever 170 milliards d’euros de Schatz (2 ans), Bobl (5 ans) et Bund (10 et 30 ans) en 2012, un montant en repli de 11 milliards sur un an. A titre de comparaison, l’Agence France Trésor entend lever 178 milliards net de tombées l’an prochain, mais inclut dans son calcul les titres indexés. La diminution des émissions portera pour l’essentiel sur les Schatz, signalant ainsi la volonté de la Finanzagentur de rallonger la maturité moyenne de sa dette.

Paris et Berlin diffèrent nettement en revanche pour ce qui concerne leur dépendance au financement à court terme. Alors que le stock de bons du Trésor français, de 177 milliards d’euros fin 2011, doit décroître de 4,2 milliards l’an prochain, le recours de l’Allemagne aux Bubills est moitié moins élevé. La Finanzagentur prévoit d’en placer pour 80 milliards d’euros (à 6 et 12 mois), ce qui marquerait une baisse de 14 milliards sur un an.

Les besoins de financement de l’Allemagne n’ont cessé de décroître tout au long de 2011 en raison d’une exécution budgétaire meilleure que prévu. En début d’année, l’agence de gestion de la dette allemande anticipait des adjudications de 302 milliards d’euros de titres hors obligations indexées, au lieu des 275 milliards finalement émis.

Mais cette fois, Berlin pourrait faire preuve d’un excès d’optimisme, estiment certains analystes. Les besoins sont bâtis sur une prévision de déficit budgétaire à 1% du PIB en 2012, couplée à une hypothèse de croissance de l’économie de 0,6% selon la Bundesbank. Or une dégradation de la situation en zone euro n’est pas à exclure. Berlin pourrait aussi devoir mettre la main à la poche pour combler d’ici à juin 2012 une partie des besoins de recapitalisation des banques allemandes, estimés à 13 milliards d’euros.

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