L’Allemagne propose un coupon nul pour son émission obligataire à deux ans
L’aversion pour le risque a fait tomber le rendement des emprunts d’Etat allemands à deux ans à 0,04% le 17 mai dernier, bien en dessous du taux offert par les autres valeurs considérées sans risque par les investisseurs. Les obligations à deux ans américaines traitaient hier à 0,29% et les japonaises à 0,09%. Toute la courbe de taux allemande est plébiscitée par les investisseurs. «Le Bund tend à surperformer le T-note (américain), le Gilt (britannique) et les taux swaps, expliquaient les stratégistes de Natixis dans une note du 16 mai dernier. Cet engouement pour les papiers allemands touche également les linkers, quoique dans une moindre mesure (…). Tous les rendements réels sont en territoire négatif».
Dans ce contexte, la Bundesbank va aujourd’hui tester, pour la première fois, l’appétit des investisseurs pour des titres assortis d’un coupon nul. Ils n’offriront donc pas de rémunération mais seulement une protection du capital. L’agence prévoit d'émettre ce matin un volume de 5 milliards d’euros de titres. La demande des investisseurs permettra de mesurer leur aversion pour le risque alors que l’incertitude politique en Grèce et l'état du système bancaire espagnol se sont traduits par de nouvelles tensions sur les marchés ces derniers jours. «L’inconnu pour le marché est de savoir si le zéro coupon va poser des problèmes techniques à certains gérants. Alors qu’il y a eu une demande importante sur les papiers à faible coupon des Etats les plus solides de la zone euro, on ne sait pas si cette demande va s'étendre à la dette zéro coupon», commente Peter Chatwell, stratégiste taux chez Crédit Agricole CIB.
L’Allemagne bénéficie de conditions de financement très favorables depuis que la crise de la dette a éclaté. Début 2012, elle avait émis des titres à six mois affichant un taux négatif et des obligations à un an ressorties à un rendement proche de zéro. Et son adjudication de la semaine dernière lui a permis de se financer à 1,47% à dix ans, un niveau historiquement bas.
Par conséquent, les divergences avec le reste de la zone euro s’accentuent. Les rendements italiens et espagnols à deux ans ressortaient hier à 3,4 et 3,9% respectivement.
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