L’Allemagne, prochaine cible de l’administration Trump
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Alexandre Garabedian
Donald Trump reporte les hausses de tarifs douaniers sur les importations chinoises, et c’est toute la Bourse qui retrouve le sourire. La perspective d’une trêve définitive entre Washington et Pékin sur le front du commerce international a fait bondir lundi de près de 6% les indices actions de Shanghai et Shenzhen. Mais le bonheur des investisseurs chinois ne fait pas forcément celui des industriels allemands. Une fois qu’un accord sino-américain aura été trouvé, les Etats-Unis devraient concentrer le tir sur l’Union européenne, pour la plus grande crainte de l’Allemagne.
Le 17 février, le secrétaire américain au Commerce Wilbur Ross, a remis à Donald Trump un rapport, demeuré secret, sur les importations d’automobiles et de composants aux Etats-Unis. Si le président devait considérer que ces importations représentent une menace pour la sécurité du pays, son administration pourrait alors leur imposer des taxes de 25%. Une décision sans fondement ? Sans doute, lorsqu’on sait que BMW a installé en Caroline du Sud sa plus grande usine dans le monde, et qu’il y assemble, à partir de pièces importées, des véhicules destinés notamment au marché chinois.
Il n’empêche, la menace est prise très au sérieux à Berlin. L’institut de recherche Ifo estimait en février à 7,7% la baisse des exportations d’automobiles allemandes en cas de droits de douane supplémentaires. D’autres études chiffrent à 0,2 point l’effet négatif sur le produit intérieur brut. Or, l’économie allemande donne déjà de sérieux signes de fatigue. Elle a stagné au quatrième trimestre 2018, affectée par l’impact de nouvelles normes dans le secteur automobile, et a évité de peu une récession technique au second semestre. Pour 2019, la Commission européenne a révisé drastiquement en baisse à 1,1% sa prévision de croissance en Allemagne, au lieu de 1,8% l’automne dernier.
Si sa première économie flanche, c’est toute l’Union européenne qui risque un gros coup de fatigue. Plus que jamais, les Européens sont donc appelés à se serrer les coudes face à la menace américaine. Mais ils pourront aussi en profiter pour rappeler Berlin à ses responsabilités. Tant que l’Allemagne accumulera des excédents courants aussi massifs, elle prêtera le flanc, et avec elle l’Union européenne, aux attaques de ses grands partenaires.
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